Alors qu’il y a une semaine les autorités médicales américaines prévoyaient que « plateau » serait bientôt atteint dans la vague de pneumopathies graves liées au vapotage, les chiffres dévoilés le jeudi 31 octobre par les Centres de contrôle des maladies (CDC) montrent que le nombre de victimes continue d’augmenter, passant de 1610 à 1890.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse


Le nombre de morts, lui, a grimpé légèrement, passant de 34 à 37. Cette vague de pneumopathies est officiellement nommée Evali.


Les CDC attribuent de plus en plus cette vague de pneumopathies à un usage de THC, dans leurs déclarations et les conférences de presse. Plus tôt cette semaine, les autorités de santé publiques britanniques (PHE) ont relevé ce lien avec le THC pour rassurer les fumeurs de cigarettes qui se servent du vapotage pour arrêter de fumer.


Tout le monde s’entend par contre, des deux côtés de l’Atlantique, qu’une personne qui ne fume pas ne devrait pas commencer à vapoter. Aux États-Unis, les CDC rapportaient en septembre que 25 % des élèves du secondaire (high school) vapotent occasionnellement, une proportion deux à trois fois plus élevée qu’en Europe. Des normes moins sévères sur la publicité et les arômes du vapotage aux États-Unis expliquent cette popularité, selon PHE.

Un certain nombre de chercheurs sont toutefois convaincus qu’il est possible que le vapotage se révèle d’ici quelques décennies aussi nocif que la cigarette. Ils notent qu’il a fallu 25 ans pour que les taux de cancer du poumon, par exemple, explosent, après la hausse de la popularité des cigarettes dans l’entre-deux-guerres.

L’un des opposants les plus en vue du vapotage, Stanton Glantz, un biologiste spécialisé en cardiologie de l’Université de Californie à San Francisco qui a beaucoup travaillé sur la cigarette, notait cette semaine que parmi les victimes d’Evali, le tiers avaient consommé uniquement du THC et 10 % seulement de la nicotine, et donc que beaucoup de victimes ont consommé les deux. Ceci dit, les CDC n’ont pas encore révélé quelle proportion des vapoteuses de nicotine avaient été trafiquées pour en augmenter les effets.