(Québec) Le gouvernement Legault veut relancer le Centre de prélèvement d’organes (CPO) de l’Hôpital du Sacré-Cœur, mais les médecins qui y travaillent devront accepter de réduire leurs honoraires, a prévenu mercredi la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

« Actuellement, on a des centres préleveurs à Montréal, au Québec, qui font du travail à la même hauteur et de la même qualité qu’à l’hôpital Sacré-Cœur, a déclaré la ministre. Pourquoi on paierait trois fois plus les médecins de l’hôpital Sacré-Cœur qui sont coordonnateurs ce centre-là que des médecins qui travaillent au CHUM, à McGill ? »

L’unité a cessé ses activités vendredi dernier. Québec avait proposé aux médecins qui y travaillent d’être rémunérés à la même hauteur que leurs collègues des autres centres. Ceux-ci ont refusé. Le médecin coordonnateur du CPO, le Dr Pierre Marsolais, a démissionné en guise de protestation.

Québec maintient donc une enveloppe de 1,4 million pour les coûts hospitaliers du CPO. Mais le budget de 1,2 million pour la rémunération des intensivistes, anesthésistes et pathologistes de se consacrer aux dons d’organes n’a pas été renouvelé.

Mme McCann dit garder espoir de trouver une « voie de passage » avec le personnel médical du centre.

« Notre objectif, c’est de le rouvrir et on aimerait que les médecins viennent s’asseoir à nouveau avec le ministère pour discuter de leur rémunération », a-t-elle dit.

Le CPO de Sacré-Cœur était unique en son genre au Canada. Il avait sa propre équipe soignante, deux lits aux soins intensifs et une salle d’opération réservée aux greffes. Des experts contactés par La Presse estiment que ce modèle aurait dû être reproduit ailleurs, et non « cassé ».