Québec compte resserrer la réglementation sur le vapotage afin de la rendre aussi sévère que celle sur le tabac, a indiqué le premier ministre François Legault. Il répond ainsi favorablement aux demandes de huit organismes de santé publique, qui ont exhorté jeudi les partis fédéraux à s’engager à faire de même.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« Pas comme du bonbon »

« Je m’inquiète du vapotage, a répondu le premier ministre caquiste hier lors d’un point de presse au campus MIL. Je crois que nous devons nous assurer que ça n’est pas comme du bonbon et que c’est ouvert et gratuit et disponible pour nos enfants. Nous travaillons à des règles qui sont au moins comparables aux cigarettes. »

Publicité, saveurs et promotion

Il existe un vide actuellement, souligne Flory Doucas, de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, qui fait partie des signataires de la lettre aux partis fédéraux envoyée jeudi. « De façon générale, pour le tabac, tout est interdit, sauf ce qui est permis. Pour la cigarette électronique, c’est le contraire, tout est permis, sauf ce qui est interdit. » Mme Doucas note que les produits de vapotage peuvent être donnés dans les « lieux de vente où des produits de vapotage sont habituellement vendus aux consommateurs », une définition qui permet selon elle la distribution d’échantillons dans « la caravane de VypeSquad avec des “belles personnes” dynamiques ».

Ce qui est différent

• Différences actuelles dans la réglementation

• La promotion des vapoteuses est permise dans les médias et dans les lieux publics.

• Les fabricants peuvent mettre sur le marché de produits aromatisés pour vapoteuses, plus attirants pour les jeunes parce qu’ils masquent le goût de la nicotine ; en revanche, ils ne doivent pas faire la promotion de l’inclusion de vitamines dans les produits de vapotage.

• Les fabricants peuvent distribuer des échantillons gratuits de produits de vapotage. Des restrictions s’appliquent.

• La limite sur la quantité de nicotine dans les produits de vapotage est très élevée.

• Les fabricants de produits de vapotage ne sont pas tenus de publier des mises en garde contre les dangers du vapotage sur les emballages.

Des doutes sur l’aide aux fumeurs

La cigarette électronique aide les fumeurs à écraser, mais elle augmente le risque de rechute chez les ex-fumeurs, selon une étude française publiée cet été. Menée pendant trois ans auprès de 5400 fumeurs et 2000 ex-fumeurs, l’étude de la Sorbonne concluait que les fumeurs qui désiraient arrêter de fumer avaient 67 % plus de chances de réussite quand ils utilisaient la cigarette électronique. Chez ceux qui continuaient à fumer, les vapoteurs diminuaient deux fois plus leur consommation de cigarettes, de 11 à 7 cigarettes par jour. En revanche, chez les ex-fumeurs, ceux qui vapotaient avaient 70 % plus de risque de recommencer à fumer la cigarette normale. L’étude a été publiée dans la revue JAMA Internal Medicine.

— Avec Raphaël Pirro, La Presse