(Montréal) Bonne nouvelle sur le front des infections : celles attrapées par des patients à l’hôpital — qui peuvent être mortelles, comme les infections causées par la bactérie C. difficile — sont en baisse de 30% au pays, rapportent des analyses d’un groupe de chercheurs faisant partie du Programme canadien de surveillance des infections nosocomiales (PCSIN).

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

Cette diminution a été constatée entre 2009 et 2017, dans toutes les régions du Canada.

«C’est certainement une bonne nouvelle», s’est exclamé en entrevue avec La Presse canadienne le docteur Geoffrey Taylor, l’auteur principal de cette étude, qui enseigne la médecine à l’Université de l’Alberta et qui fait partie du PCSIN. Le docteur espère que ce constat va rassurer les gens.

La proportion de patients qui avaient attrapé une infection à l’hôpital en 2017 était de 7,9%, soit une baisse de 30% par rapport à la proportion de 11,3% qui avait été enregistrée en 2009.

L’infection la plus courante était l’infection urinaire (32% du total des infections, mais environ 4% du total des patients hospitalisés), suivie de la pneumonie (23% du total des infections recensées), des infections du site opératoire (20%), des infections du système sanguin (15 %) et des infections causées par la bactérie C. difficile (9%).

Les conclusions de cette recherche ont été publiées lundi dans le Journal de l’Association médicale canadienne. Cette surveillance est importante, car les infections liées aux hospitalisations sont une cause courante de morbidité et de mortalité chez les patients.

Et pourquoi cette baisse en 2017?

«Il n’y a pas qu’une seule raison pour cette diminution générale de tous les types d’infections», a souligné en entrevue le docteur Taylor, qui est aussi un directeur médical à l’Hôpital de l’Université de l’Alberta.

«Cela suggère que les hôpitaux ont utilisé une variété de méthodes pour prévenir les infections, comme une amélioration du lavage des mains, de meilleurs programmes de gestion de l’utilisation des antimicrobiens, parmi d’autres mesures», dit-il.

«Et cela a été payant», se réjouit-il.

Mais un nouveau problème est toutefois apparu.

Des entérobactéries résistantes aux carbapénèmes (ERC), soit des bactéries qui sont résistantes à une classe d’antibiotiques appelée «carbapénèmes» — ce qui rend les infections extrêmement difficiles à traiter — ont été identifiées pour la première fois en 2017, une situation qui préoccupe le docteur Taylor. Il y a eu juste trois cas, dit-il, mais il faut agir maintenant.

Car bien qu’il y ait eu un déclin de la prévalence des infections liées aux soins de santé en 2017 comparativement aux années précédentes, plus de travail est nécessaire pour prévenir celles associées aux instruments médicaux et aux organismes résistants aux antibiotiques, préviennent les membres du PCSIN.

Le docteur Taylor estime qu’il faut encore plus de surveillance de ces types d’infection pour bien comprendre leurs mécanismes et aussi pour mieux orienter la recherche future.

Pour cette analyse qui s’est étalée sur plusieurs années, les chercheurs rapportent que 6747 patients y ont participé en 2002, 8902 en 2009 et 9929 en 2017.