(Québec) Le gouvernement Legault a adopté un ton alarmiste, mercredi, en constatant que la situation ne cessait de s’aggraver dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) en raison de la pénurie criante de préposés aux bénéficiaires.

Jocelyne Richer
La Presse canadienne

Québec veut trouver le moyen d’embaucher pas moins de 30 000 préposés aux bénéficiaires d’ici 5 ans pour répondre à la demande croissante, dans un contexte de vieillissement accéléré de la population.

La pénurie ne fera que s’accentuer avec le départ à la retraite d’une proportion importante de préposés âgés, soit au moins 15% du total au cours des prochaines années, selon les prévisions du gouvernement.

Afin d’inverser la tendance, le gouvernement crée un programme de bourses destinées à rendre la pratique du métier plus attirante.

Il dégage donc 15 millions afin d’offrir dans les prochains mois 2000 bourses de 7500 $ chacune à l’intention des personnes intéressées à acquérir la formation nécessaire pour devenir préposé aux bénéficiaires.

Les boursiers devront cependant s’engager à travailler pendant deux ans, une fois leur formation complétée et réussie, dans l’établissement qui aura parrainé leur apprentissage.

Les étudiants qui ne décrocheront pas leur diplôme devront rembourser la bourse reçue au gouvernement.

L’annonce du programme, qui pourra éventuellement être renouvelé l’an prochain si la réponse est favorable, a été faite en conférence de presse par trois ministres: Danielle McCann (Santé), Jean Boulet (Travail, Emploi et Solidarité) et Marguerite Blais (Aînés).

«Il manque du personnel partout. C’est généralisé», a déploré la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais.

À l’heure actuelle, dans le réseau des CHSLD, donc le secteur public, quelque 5100 postes de préposés sont vacants et cherchent preneur.

La relève se fait rare, au moment même où les besoins augmentent.

«La population vieillit à un rythme effarant», a constaté le ministre du Travail, Jean Boulet.

«Il faut agir», a-t-il ajouté, qualifiant l’initiative gouvernementale de «vaste offensive».

Il note que, de tout le secteur public, la pénurie de main-d’œuvre, associée au problème de rétention de la main-d’œuvre, est particulièrement «effarante» dans le secteur de la santé.

Dans les circonstances, ce dossier constitue désormais une priorité du gouvernement, a renchéri la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Cette priorité devrait d’ailleurs, selon elle, trouver un écho favorable, lors de la prochaine ronde de négociations des prochaines conventions collectives des réseaux public et parapublic, qui s’amorce cet automne.

Depuis des années, les préposés se plaignent d’être sous-payés et de voir leur tâche se complexifier un peu plus chaque jour, en raison du manque de personnel et d’une clientèle en fin de vie très vulnérable, souffrant souvent de pertes cognitives sévères.

Les ministres ont convenu qu’il était pressant de revaloriser le métier de préposé pour attirer davantage de candidats.

«Le mouvement va s’accélérer au niveau de l’embauche», a promis la ministre McCann.