Des chercheurs californiens ont séquencé le génome de la souris à pattes blanches, qui joue un rôle crucial dans la progression de la maladie de Lyme et d’autres infections transmises par des tiques.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

« La plupart des efforts pour combattre la maladie de Lyme ont mis l’accent sur le contrôle des tiques, mais ont eu des résultats limités », a déclaré par voie de communiqué Alan Barbour, immunologiste à l’Université de Californie à Irvine, qui est l’auteur principal de l’étude publiée fin juillet dans la revue Science Advances. « Nous avons décidé de nous pencher plutôt sur l’animal qui est le réservoir de la maladie, la souris à pattes blanches. Avec le génome, nous pourrons comprendre pourquoi cette souris n’est pas affectée par la maladie, ce qui pourrait mener à des traitements. »

Pour le moment, les recherches sur la maladie de Lyme se font sur la souris domestique, qui n’a pas la même génétique. La souris à pattes blanches est plus proche, génétiquement, du hamster que de la souris domestique. Le Dr Barbour est l’un des découvreurs de la bactérie Borreliella burgdorferi, responsable de la maladie.

À la fin juillet, 111 cas de maladie de Lyme avaient été diagnostiqués en 2019 au Québec, selon le ministère de la Santé. Plus de la moitié des cas sont survenus en Estrie, porte d’entrée de la maladie aux États-Unis, qui y est plus répandue.

Chez nos voisins du sud, le nombre de cas est passé de 36 000 à 43 000 entre 2016 et 2017, selon le centre de contrôle des maladies (CDC) du gouvernement américain. C’est trois fois plus qu’il y a 20 ans. Les CDC expliquent cette augmentation par la mise en jachère de terres agricoles, éventuellement remplacées par des forêts, ainsi que par l’allongement de la saison chaude à la faveur des changements climatiques.