(Québec) Si vous avez admiré les félins dans le tunnel du Parc Safari d’Hemmingford le 12 juillet, entre 13 h et 15 h 15, et que vous n’êtes pas protégé contre la rougeole, vous devriez appeler Info-Santé au plus vite. Le Gouvernement du Québec signale qu’un résidant de Laval, infecté par le virus, a fréquenté le Parc Safari ainsi que d’autres lieux de la ville dans la dernière semaine. 

MORGANE GELLY
La Presse

 « Les gens qui étaient au Parc Safari le 12 devraient jeter un coup d’œil à quebec.ca parce qu’il y a deux situations précises, prévient le Dr Yves Jalbert, directeur de la protection en santé publique. Il faut qu’ils voient s’ils se situent dans le groupe de gens chez qui on veut faire une intervention [de prévention]. »

Le Gouvernement du Québec signale que le virus était présent le 12 juillet dans le Parc Safari d’Hemmingford entre 11 h 30 et 15 h 30, plus particulièrement dans le tunnel des félins entre 13 h et 15 h 15 et en soirée dans le Restaurant McDonald’s du boulevard de la Concorde Est, à Laval. 

D’autres lieux à risque ont été signalés, comme le Centre de la Nature de Laval entre le 9 et le 10 juillet, le Pharmaprix au 1768 boulevard des Laurentides et le Jean-Coutu, situé au 2065 boulevard des Laurentides, le 11 juillet. Les heures et les directives à suivre sont détaillées sur le site internet du Gouvernement.

(https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/rougeole/eclosion-de-rougeole/).

Quels sont les risques de contamination ?

La rougeole est « l’un des virus les plus contagieux du monde », avertit le Dr Jalbert. La transmission se fait par les gouttelettes dans l’air quand une personne tousse. Le risque d’être contaminé est donc plus fort dans un lieu fermé (il est de 80 % pour une personne non vaccinée, selon le ministère de la Santé). 

La maladie peut entrainer des complications sévères, notamment chez les bébés non vaccinés qui peuvent développer des pneumonies, des méningites ou des troubles neurologiques à long terme. « Ce n’est pas votre rhume banal, classique, c’est une maladie qu’il faut prendre au sérieux », rappelle le Dr Jalbert.  

La population correctement vaccinée ainsi que les personnes nées avant 1970 ou qui ont contracté la rougeole avant 1996 sont considérées comme protégées. En revanche, les bébés de moins d’un an, non vaccinés, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes n’ayant pas reçu une vaccination adéquate sont à risque et devraient subir une intervention préventive si elles pensent avoir été contaminées. 

Que faire ?

La période d’incubation est d’une à deux semaines. On recommande donc à toute personne potentiellement exposée, à fortiori si elle n’est pas vaccinée, de rester à l'affût de symptômes tels qu’une fièvre importante, une toux, un écoulement nasal, des yeux rouges, un malaise généralisé, des rougeurs au visage puis sur le corps; et ce jusqu’à 18 jours après exposition.

Attention toutefois, « à partir du moment où les rougeurs apparaissent, on est déjà contagieux depuis quatre jours et on le reste pour quatre jours de plus », informe le Dr Jalbert. 

Il demande aux patients d’avertir les médecins avant de se rendre en consultation s’ils soupçonnent une rougeole. « La clinique peut prendre des précautions particulières pour éviter le contact avec les travailleurs et les autres usagers », explique-t-il.

Pour les personnes à risque ayant fréquenté les lieux signalés, le Gouvernement recommande d’appeler le 811 au plus vite. Elles ont une semaine après exposition pour recevoir une injection d’anticorps. 

L’importance du vaccin

Depuis le début de l’année, le Québec a recensé 18 cas de rougeole répartis en neuf éclosions. « C’est une année exceptionnelle, commente le Dr Jalbert. On a connu pire au Québec, mais ça s’inscrit dans une situation mondiale où il y a des cas d’éclosion de rougeole dans différents endroits ». Les États-Unis sont particulièrement touchés cette année. Le premier patient signalé à Laval à la mi-juin a d’ailleurs importé le virus depuis cette destination, entrainant sept nouvelles infections. 

« Tous les cas déclarés cette année sont associés avec une personne qui a quitté le pays et qui est revenue avec le virus », ajoute le Dr Jalbert. Il appelle la population à vérifier son statut vaccinal avant de partir à l’étranger. 

Le vaccin demeure la seule protection efficace contre la maladie. « Depuis l’an 2000, on considère qu’il a sauvé 20 millions de vies dans le monde », rappelle-t-il. Selon lui, 85 % de la population au Québec est protégée contre la rougeole, soit par vaccin, soit par contact avec le virus dans le passé. Mais il faudrait atteindre 95 % pour parler de protection populationnelle et empêcher complètement la propagation de la maladie. 

Un programme a été déployé ces deux dernières années pour sensibiliser les parents de nouveau-nés à la vaccination. Selon le Dr Jalbert, les Québécois ne sont pas opposés à la vaccination comme en France. C’est plutôt un problème d’indifférence ou d’indécision. Il espère donc que ce programme, qui fait déjà ses preuves, permette un jour d’atteindre les 95 % de protection.