Une quinzaine d’organismes unissent leurs voix pour demander des excuses publiques au Collège des médecins du Québec à la suite des propos tenus par son secrétaire sur les violences gynécologiques et obstétricales. De son côté, le Collège a tenu à clarifier sa position.

Morgane Gelly Morgane Gelly
La Presse

Mardi dernier, La Presse a publié un dossier sur les violences obstétricales et gynécologiques (VOG) — des gestes imposés par les médecins aux patientes, des refus de soins ou des paroles déplacées dans un contexte de soins gynécologiques ou obstétricaux.

Dans notre reportage, Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins du Québec (CMQ), estimait que les VOG étaient plus attribuables à un manque de communication qu’à un « désir de violence ». Il évoquait aussi une forme de « consentement implicite » entre une patiente et son médecin. « Est-ce qu’on doit obtenir un consentement pour chaque geste que l’on pose ? », demandait-il en outre.

Une quinzaine d’organismes ont cosigné une lettre ouverte, obtenue par La Presse, qui dénonçait les propos d’Yves Robert. Parmi les signataires se trouvent notamment le Regroupement Naissance-Renaissance, l’Association québécoise des infirmières et infirmiers, la Fédération des femmes du Québec et la Fédération du Québec pour le planning des naissances.

« Le Collège des médecins, en mettant de l’avant un hypothétique problème de communication, se défausse de sa responsabilité pour la rejeter sur les victimes de VOG », peut-on lire dans la missive, qui déplore « un déni de la parole des femmes ».

Pour les signataires, le problème des VOG ne réside pas dans le manque d’explications, mais dans l’absence de consentement éclairé. À leurs yeux, parler de consentement implicite est « aberrant et très grave ». La lettre rappelle que les médecins sont tenus par le code de déontologie d’obtenir le consentement des patientes avant de faire un geste médical.

Jugeant inacceptables les propos du Collège, les cosignataires réclament des excuses publiques et demandent la formation d’un comité comprenant des acteurs du milieu communautaire « pour imaginer des pistes de solution afin que ces violences cessent ».

Réplique du Collège des médecins

Le CMQ a lui aussi rédigé une lettre pour éclaircir sa position. Il explique que « s’il est vrai que, dans le seul fait d’aller consulter un médecin, il y a une forme de consentement implicite, cela n’autorise pas le médecin à faire tout et n’importe quoi ».

La missive précise que le consentement explicite doit être recherché dans les examens de nature invasive, ce qui « inclut les examens manuels où il y a pénétration des doigts dans un orifice du corps ». Ce consentement « peut être retiré à tout moment par le patient ou la patiente et le médecin se doit d’obtempérer », précise la lettre.

Le Collège rappelle l’importance d’une bonne communication entre médecin et patient « particulièrement pendant un examen physique, essentiel au processus diagnostique, et pouvant occasionner une perception potentiellement traumatisante pour le patient ou la patiente en situation de vulnérabilité ». Il invite toute personne ayant vécu une situation d’abus à la signaler et à la dénoncer.

Enfin, le Collège martèle qu’il « réprouve toute forme d’abus envers les patients et les patientes, et interviendra chaque fois qu’il le faut ».