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Institut Douglas: inquiétude autour d'un programme pour enfants vulnérables

L'Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Verdun... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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L'Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Verdun

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Louise Leduc
La Presse

La santé des patients et du personnel de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Verdun, est compromise par un manque persistant de personnel. Une représentante syndicale a confirmé les témoignages de personnes proches du dossier qui ont sollicité La Presse au sujet d'un service où la situation s'avère particulièrement préoccupante, soit le programme du pavillon Lyall, qui prend en charge des enfants vulnérables.

« Le ministère [de la Santé et des Services sociaux] a reçu une demande pour améliorer la sécurité dans l'ensemble du Douglas, et le dossier est sous analyse », a confirmé à La Presse Alexandre Lahaie, attaché de presse de Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux. « La sécurité du personnel et des patients doit toujours primer. »

Au pavillon Lyall, qui accueille de jour 24 enfants aux troubles de comportement trop aigus pour qu'ils soient scolarisés, rien ne va plus, selon nos sources, qui ont réclamé la confidentialité par crainte de conséquences négatives sur leur carrière.

Ces personnes nous ont manifesté leur vive inquiétude que des cohortes d'enfants assistent depuis des années, à répétition, aux crises d'autres enfants et à des interventions physiques souvent faites sous leurs yeux pour calmer le jeu.

Or, ces enfants de 6 à 12 ans qui voient tout cela ont déjà une santé mentale fragile, insiste-t-on. Ils sont nombreux à avoir été admis au Douglas en raison de problèmes anxieux graves. Beaucoup ont déjà souvent subi de la violence à la maison, certains présentent des symptômes de chocs post-traumatiques et viennent de familles très hypothéquées.

En raison d'un manque de personnel, lorsqu'un enfant était en crise et qu'une intervention physique était requise pour le contrôler, cela se faisait jusqu'à ce printemps « non pas en isolement, mais devant les autres enfants », relève, elle aussi, Josée Asselin, représentante nationale de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

Des « codes blancs » utilisés lors de crises violentes « sont déclenchés plusieurs fois par jour », poursuit Mme Asselin, ajoutant que, depuis 2017, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail s'est penchée à trois reprises sur le pavillon.

Ces situations répétitives de violence « auraient pu être prévenues si du personnel formé était en place », croit Mme Asselin.

Le manque de personnel a fait fermer le pavillon pendant trois jours au printemps. Il a rouvert après que l'administration eut fait appel à des préposés aux bénéficiaires, qui ont fait leur possible, dit Mme Asselin.

« Mais on ne fait qu'éteindre des feux, en croisant les doigts pour qu'il n'arrive pas de violence majeure. »

- Josée Asselin, représentante nationale de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux

Valse de départs

Telle est son appréhension, qui est aussi celle de divers témoignages recueillis par La Presse. Le quotidien montréalais The Gazette a lui aussi recueilli les témoignages de professionnels de la santé épuisés, obligés de faire des heures supplémentaires, a-t-on pu lire en début de semaine. Les gardiens de sécurité, a écrit The Gazette, auraient payé de leur poche certains équipements pour mieux répondre aux multiples épisodes de violence.

Le coordonnateur du Lyall est parti il y a 14 mois. Celle qui lui a succédé vient aussi de démissionner, tout comme trois psychoéducateurs et un éducateur spécialisé. La psychologue vient de partir à la retraite. Il ne reste plus que deux éducateurs sur une équipe de huit, selon nos sources.

Mme Asselin entend de bons échos sur le nouveau gestionnaire, qui semble avoir un plan et la volonté de rectifier les choses.

Il a l'été pour dénouer la crise. Pendant les vacances, les enfants du Lyall ne vont pas à l'Institut Douglas. Pendant cette parenthèse, des postes ont été affichés.

« Ce que nous répondait l'administration, ces dernières années, ajoute Mme Asselin, c'est que personne ne posait sa candidature. Mais pour attirer des employés, il faut assurer leur sécurité, améliorer les conditions de travail. Là, tout le monde part, et ça se sait. »

Certes, les enfants ne sont pas faciles. Certains lancent des chaises, mordent, ont envoyé des éducateurs en congé de maladie.

Les personnes rencontrées en entrevue insistent sur le fait qu'à leur avis, ce programme répond à un grand besoin. Si un réel redressement de la situation était fait et si le personnel pouvait de nouveau faire des interventions auprès des enfants plutôt que de régler crise après crise, le programme pourrait faire oeuvre utile.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal a décliné notre demande d'entrevue.




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