Avec les beaux jours viennent les moustiques. Après un nombre record d’infections au virus du Nil occidental en 2018, les autorités de la santé publique appellent à la vigilance.

Morgane Gelly
La Presse

L’année dernière, près de 200 cas d’infection au virus du Nil occidental (VNO) ont été recensés au Québec. La Montérégie a été particulièrement touchée avec 75 cas rapportés, dont 70% d’infections du système nerveux, et 11 décès.

Certaines personnes sont particulièrement vulnérables et devront prendre plus de précautions, a expliqué le Dr François Milord, médecin-conseil à la Direction de la santé publique de La Montérégie, lors d’une conférence de presse à Longueuil ce matin. Le risque de développer une maladie grave est multiplié par cinq en moyenne chez les personnes de plus de 65 ans ou atteintes de maladies chroniques comme le diabète, le cancer, les maladies cardiaques ou l’hypertension, a-t-il précisé.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Les Drs François Milord et Julie Loslier ont fait le point sur les cas de virus du Nil recensés l'an dernier.

Pas de panique toutefois. Selon des études menées aux États-Unis, l’infection serait asymptomatique dans 80% des cas, a rassuré le Dr Milord. 19% des personnes touchées pourraient cependant ressentir des symptômes grippaux et 1% risquent de contracter une infection du système nerveux: encéphalites, méningites ou paralysie.

Le VNO vient des oiseaux qui le transportent avec eux lorsqu’ils migrent d’un continent à l’autre. Mais le coupable de la transmission à l’homme est le moustique Culex pipiens/restuans. En piquant des oiseaux contaminés, les moustiques deviennent porteurs du VNO et peuvent nous infecter.

La belle saison de juillet à septembre favorise la prolifération des maringouins. Quelques précautions permettent de limiter les risques, tout en profitant de l’été. Il est important de porter des vêtements clairs et couvrants, notamment le matin et le soir où ils sont plus actifs.

L’usage de répulsifs (à base d’Icaridine notamment) en application locale est fortement recommandé, mais ne comptez pas sur les dispositifs visant à chasser les insectes. «Ils ne protègent pas contre les moustiques et surtout pas contre le VNO», a prévenu le Dr Milord.

Pour éviter de leur offrir un foyer trop confortable, les gouttières, fonds de chaudières, bassins et flaques sont à surveiller puisque les moustiques prolifèrent dans les eaux stagnantes. Des moustiquaires en bon état sont aussi un barrage efficace.