(Montréal) Le taux d’hospitalisation de courte durée a diminué au pays, une baisse en partie due à des innovations technologiques qui permettent aux patients de quitter l’hôpital le jour même de leur chirurgie.

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

C’est le cas notamment des chirurgies de la cataracte et d’autres interventions pouvant être effectuées par laparoscopie, lors de laquelle un télescope chirurgical et les instruments nécessaires sont insérés par de petites incisions dans le corps du patient.

Ces données dévoilées jeudi sont compilées chaque année par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) et remises aux gouvernements des provinces et aux hôpitaux pour les aider à planifier les ressources médicales. « Cela aide vraiment de savoir quels types de patients doivent être hospitalisés, et quel genre de suivi ils ont besoin une fois qu’ils sortent de l’hôpital. Cela peut contribuer à réduire les temps d’attente parce que ça permet de mieux utiliser les ressources », a expliqué en entrevue Corinne Ton That, responsable des communications à l’ICIS.

L’innovation a été encouragée par les provinces, pour trouver des façons d’effectuer des chirurgies sans hospitalisation — et ainsi réduire les coûts. Et l’on voit les résultats. Il y a 10 à 15 ans, toutes les chirurgies de la cataracte nécessitaient une hospitalisation. La laparoscopie, une technique beaucoup moins invasive, aide aussi à réduire les taux d’hospitalisation, poursuit-elle.

« Et on sait aussi que les patients ont de meilleurs résultats quand ils restent dans la collectivité que s’ils font de longs séjours à l’hôpital », a-t-elle ajouté.

Les chiffres ont ainsi démontré que pour l’année 2017-2018, le taux d’hospitalisation au pays s’élevait à 7944 par 100 000 habitants, une baisse comparativement à 8205 en 2013-2014. Ces chiffres ont été ajustés en fonction de l’âge, du sexe et de la croissance démographique, précise l’Institut.

La durée moyenne du séjour à l’hôpital a aussi légèrement diminué au cours de la même période pour s’établir à 6,8 jours.

Le nombre total de séjours à l’hôpital d’au moins une nuit — et non le taux — a toutefois augmenté en raison du vieillissement de la population et de sa croissance. En 2017-2018, le Canada a enregistré plus de 3 millions d’hospitalisations en soins de courte durée.

Autre bonne nouvelle : la principale cause d’hospitalisation au Québec et au Canada n’est pas la conséquence d’une maladie ni d’un accident. Il s’agit des accouchements.

Sinon, les autres causes plus fréquentes de séjours à l’hôpital au Québec sont, dans l’ordre, la maladie pulmonaire obstructive chronique, la pneumonie, l’insuffisance cardiaque et la crise cardiaque.

Ce sont les mêmes tendances pour le Canada, commente Mme Ton That : « Le profil des patients est assez similaire d’un océan à l’autre ».

Sauf pour les accouchements, les autres causes d’hospitalisation sont liées au vieillissement de la population, indique-t-elle. « On peut s’attendre à voir plus de conditions chroniques avec le vieillissement qui apporte certaines maladies comme les crises cardiaques et les maladies pulmonaires ».

De plus, les données recueillies ont permis de constater que les cinq principales chirurgies au Québec sont l’accouchement par césarienne, l’angioplastie coronaire, la réparation d’une fracture, l’arthroplastie du genou et l’arthroplastie de la hanche.

L’ICIS est un organisme autonome sans but lucratif qui fournit de l’information sur les systèmes de santé du Canada et sur la santé des Canadiens.