Les établissements de santé du Québec s’affairent actuellement à «rehausser» les postes d’infirmières, dans l’optique de réduire le fameux TSO, le Temps supplémentaire obligatoire. Et la ministre de la Santé Danielle McCann attend un rapport à ce sujet «dans les prochains jours».

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Cette volonté de rehausser les postes d’infirmières est un «mouvement général» qui touche l’ensemble des établissements de santé et non un établissement donné dont la direction serait plus motivée que d’autres, a assuré la ministre de la Santé et des Services sociaux, en entrevue lundi, après qu’elle eut participé à une activité pour planter des arbres à l’occasion du Jour de la Terre, à Montréal.

Et ce sont tant les postes d’infirmières que d’infirmières auxiliaires qui seront touchés par ce rehaussement de postes tant attendu.

Cette question du TSO est restée dans l’actualité depuis que les membres de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), l’organisation syndicale qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires et autres professionnelles en soins, avaient collectivement refusé d’en faire, le 8 avril.

Ce moyen de pression, exercé alors que les conventions collectives sont encore en vigueur, a eu l’effet d’un électrochoc sur le réseau de la santé. Pourtant, cela faisait des années que les infirmières se plaignaient d’un recours trop fréquent aux heures supplémentaires obligatoires, alors que cela est censé être réservé aux situations exceptionnelles et urgentes.

«Nous devons recevoir un rapport dans les prochains jours de tous les établissements quant au rehaussement de postes qui va être fait. Actuellement, il y a des établissements qui sont à pied d’œuvre, qui rehaussent leurs postes», a relaté la ministre McCann.

«Nous avons le même objectif»

La ministre de la Santé et des Services sociaux a précisé qu’elle avait rencontré la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, et qu’elles étaient sur la même longueur d’onde quant au fameux TSO. «Je pense que nos discussions avec la FIQ vont bien. Nous sommes sur la même page. Nous avons le même objectif: la diminution du temps supplémentaire et du temps supplémentaire obligatoire pour éliminer complètement le temps supplémentaire obligatoire dans les meilleurs délais.»

Autre mesure: le crédit d’impôt de 10 000 $ qui a été offert aux infirmières retraitées, à partir de 60 ans, afin de les inciter à revenir au travail a connu un certain succès, rapporte la ministre McCann.

«On souhaite qu’il y ait des infirmières et infirmiers qui reviennent. D’ailleurs, il y a des établissements qui nous disent "oui, ça fonctionne". Le CHU (Centre hospitalier universitaire) de Québec, entre autres, a eu des gens qui sont revenus au travail après avoir pris leur retraite», a-t-elle relaté.

Le budget du ministre des Finances Eric Girard a prévu une somme de 200 millions par année, à compter de l’exercice 2019-2020 pour «ajouter du personnel soignant» tant dans les Centres hospitaliers que les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Une somme équivalente est prévue chaque année jusqu’en 2023-2024, soit au total 1 milliard.

De même, une autre somme de 15 millions par année est prévue pour «former de nouveaux préposés aux bénéficiaires». Encore là, une somme équivalente est prévue pour chaque exercice jusqu’en 2023-2024. Des syndicats qui représentent des préposés aux bénéficiaires affirmaient, encore la semaine dernière, qu’ils commencent à leur tour à être touchés par le TSO, dans certains établissements, à cause du manque d’effectifs.