(Montréal) Santé Canada interdit la vente des implants mammaires Biocell d’Allergan après qu’un examen eut révélé un risque accru d’une forme rare, mais grave, de cancer.

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

La décision est tombée mardi. Santé Canada suspend donc les homologations qu’il avait accordées à ces produits.

Il a été découvert que le taux de lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC-AIM) au pays était beaucoup plus élevé chez les patientes portant des implants mammaires macrotexturés que chez les autres patientes, indique Santé Canada. Le ministère fédéral a été informé de 26 cas confirmés de LAGC-AIM chez des Canadiennes, dont 22 (85 %) étaient liés aux implants mammaires Biocell d’Allergan.

Ils sont les seuls de type macrotexturés vendus au Canada.

En conséquence de cette décision, ces implants mammaires Biocell ne peuvent plus être vendus ni importés au Canada. À la demande du ministère, Allergan a accepté de retirer volontairement les implants inutilisés du marché canadien.

Cette décision ne vise pas les autres implants mammaires de l’entreprise, précise toutefois le ministère.

Santé Canada l’avait avertie en avril dernier de son intention de suspendre les homologations, à moins qu’elle ne puisse fournir des preuves démontrant qu’ils sont sécuritaires.

Allergan n’a pas réussi à satisfaire les experts de Santé Canada. « Le ministère a conclu que les risques éventuels liés aux implants l’emportaient sur les avantages possibles », est-il écrit dans l’avis.

Le LAGC-AIM est une forme grave — bien que rare — de lymphome non hodgkinien (un cancer qui affecte le système immunitaire) qui peut se développer plusieurs mois ou années après la pose d’implants mammaires. Ce n’est pas un cancer des tissus mammaires. Il se caractérise généralement par une accumulation de liquide entre l’implant et les tissus environnants.

Santé Canada ajoute que le retrait des implants mammaires n’est pas recommandé « si vous ne présentez aucun signe ou symptôme évoquant le LAGC-AIM ». Il suggère aux femmes inquiètes de discuter avec leur médecin des risques et des avantages liés à leur retrait. Toutefois, il leur recommande de consulter un professionnel de la santé si elles constatent des changements inhabituels, y compris de la douleur, un gonflement soudain ou une masse.

Avis aux Québécoises

Au début du mois de mars, le ministère de la Santé du Québec a demandé que toutes les Québécoises — elles seraient des milliers — qui ont reçu des implants mammaires texturés depuis 1995 soient contactées et avisées d’un risque potentiel de cancer.

Mais cet avis visait tous les implants texturés, peu importe la marque, et non pas uniquement les Biocell d’Allergan, a confirmé mardi le ministère.

Le ministère québécois avait alors rejoint tous les établissements de santé pour leur demander d’ouvrir les dossiers de leurs patientes, dont les femmes ayant subi une intervention chirurgicale de reconstruction mammaire, ­­­­­afin d’identifier celles ayant reçu ces implants texturés.

Il ne s’agissait pas d’un rappel à proprement parler mais bien d’une démarche préventive, a-t-il rappelé par courriel mardi.

Le but était d’informer les Québécoises des risques, des symptômes à surveiller et de la démarche d’accès aux ressources médicales appropriées, selon la situation.