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Urgences: les pharmaciens veulent être mis à contribution

Si les pharmaciens de la province effectuaient en moyenne deux consultations de santé de plus par jour dans leur pharmacie communautaire, le réseau de la santé pourrait économiser près d'un demi-milliard de dollars par année et verrait la pression sur ses urgences diminuer, conclut une nouvelle étude de la Fédération des pharmaciens du Québec (FPQ).

«Une telle situation est très réalisable. Demain matin, on pourrait être opérationnels et à zéro coût», affirme Nicolas Bergeron, président de la FPQ, un organisme sans but lucratif qui regroupe des pharmaciens de différents milieux ainsi que des étudiants en pharmacie, notamment.

Depuis longtemps, les pharmaciens communautaires québécois réclament de jouer un plus grand rôle dans le réseau de la santé, entre autres pour faciliter l'accès aux soins de première ligne. «Mais jamais on n'a vraiment pris la peine de chiffrer les économies à faire», note M. Bergeron.

Chaque année, environ 64 % des 3,4 millions de consultations faites dans les urgences de la province viennent de patients «P4-P5», soit ceux qui ne demandent pas des soins urgents, note l'étude prospective de la FPQ, réalisée en partenariat avec le Dr Jacques Le Lorier, professeur titulaire au département de médecine et de pharmacologie de l'Université de Montréal.

Ces patients P4-P5 peuvent consulter par exemple pour soigner une brûlure mineure, un rhume, une fièvre, un épisode de constipation ou de diarrhée, une allergie saisonnière, énumère l'analyse de la FPQ. «Une bonne proportion de ces gens pourraient aller en pharmacie», estime M. Bergeron.

Économies à faire

Selon l'étude de la FPQ, chaque visite aux urgences représente 241 $ en moyenne en coûts fixes. À cela doit s'ajouter le coût de la consultation médicale et les coûts d'examens.

M. Bergeron explique si les deux tiers des patients P4-P5 consultaient en pharmacie, le système de santé pourrait économiser près de 500 millions par année. Les pharmacies communautaires devraient en moyenne réaliser deux consultations de santé de plus par jour pour atteindre cet objectif. Une situation «tout à fait réalisable», selon M. Bergeron.

En septembre dernier, une étude commandée par l'Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP) avait démontré que les pharmaciens oeuvrant dans les pharmacies communautaires effectuaient déjà en moyenne 13 consultations par jour.

Vice-président de l'AQPP, Jean Bourcier confirme que les pharmaciens ont la capacité d'en faire plus, moyennant certains aménagements. «Ça fait partie de la conversation en cours avec le nouveau gouvernement», dit-il.

Puisque l'étude de la FPQ n'a été menée que dans neuf pharmacies, M. Bergeron souhaiterait que Québec mandate un organisme pour l'étendre à plus grande échelle.

Ce dernier aimerait également que le gouvernement mène une campagne de sensibilisation pour informer la population au sujet du rôle des pharmaciens. «Non, on ne peut pas diagnostiquer une grippe. Mais on peut recommander certains produits», souligne M. Bergeron, qui ajoute qu'il est aussi du devoir des pharmaciens de diriger les patients vers un médecin au besoin.




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