Afin de s'assurer que l'intelligence artificielle qui s'implante à grande vitesse dans le réseau de la santé soit toujours au service des patients et du personnel soignant, le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) a lancé ce matin son École de l'intelligence artificielle en santé. Il s'agit du premier établissement francophone du genre dans la province.

Mis à jour le 14 nov. 2018
ARIANE LACOURSIÈRE LA PRESSE

Déjà, plus de 80 projets utilisant l'intelligence artificielle sont en cours au CHUM. Une nouvelle plateforme d'intelligence artificielle est par exemple testée en imagerie médicale. Selon le chef de département de radiologie du CHUM, le Dr Vincent Oliva, cette technologie permettra à terme aux radiologistes d'être plus efficaces dans l'analyse des images et la détection de lésions.

Contrôler l'intelligence artificielle

Avec son École de l'intelligence artificielle, mise sur pieds conjointement avec l'Université de Montréal, le CHUM veut développer de nouveaux projets qui permettront d'améliorer la compréhension de certaines maladies et leur processus de guérison, explique le PDG du CHUM, Fabrice Brunet. Ce dernier veut aussi s'assurer qu'en « aucun cas, une intelligence artificielle ne se développe au détriment de l'intelligence humaine ».

M. Brunet cite en exemple le cas d'un système permettant de détecter des cancers de la peau via des photos haute définition. « Dans ce cas, les soins qui pourraient être donnés ou ne pas être donnés en fonction du résultat pourraient être potentiellement délétères. Donc il faut s'assurer que la qualité de l'interprétation de l'image et la qualité du raisonnement fait par l'intelligence artificielle aboutissent au bon diagnostic », illustre M. Brunet. En revanche, si le diagnostic de l'intelligence artificielle est bon, « ça permettra d'utiliser de façon plus optimale les ressources en dermatologie », dit-il.