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Entrevue avec le patron de la SQDC: le défi de faire concurrence au marché noir

Alain Brunet, grand patron de la Société québécoise du... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Alain Brunet, grand patron de la Société québécoise du cannabis (SQDC)

Photo Martin Chamberland, La Presse

Pour établir ses prix de vente, la Société québécoise du cannabis (SQDC) a discuté avec les autres provinces pour éviter les trop grandes disparités, tout en s'informant de l'offre sur le marché noir afin d'être concurrentielle. Résultat, les boutiques du Québec offriront le cannabis récréatif et légal le moins cher au pays, a précisé en entrevue le grand patron de la nouvelle enseigne, Alain Brunet.

Question: Comment se compare la rentabilité d'une bouteille de vin par rapport au cannabis ?

Réponse: Je ne suis pas là-dedans. Je ne veux pas répondre. Je n'ai pas fait cette réflexion, je ne donnerai pas de chiffres, je n'en ai même pas.

Comment avez-vous fait alors pour établir les prix de vente ?

En fonction de la négociation faite pour chaque produit avec les fournisseurs. Nous, on voulait avoir une variété de produits dans une variété de prix, en sachant qu'il y aurait une barrière à l'entrée si on avait des prix trop élevés. Donc, on a beaucoup négocié pour avoir les prix au bon niveau, des prix qui correspondent au marché.

Après, il faut se garder une marge de profit, même si le but n'est pas de faire de l'argent...

Oui, il y a la marge fiscale, les taxes [TPS et TVQ], et on arrive au prix final. Au début, c'est prévisionnel. On a évalué - mais je ne donnerai pas de chiffres -, on a fait des prévisions pour établir une marge [dont on pense qu'elle] va correspondre à ce qu'on va avoir comme frais, comme charges. Tout en tenant compte du fait qu'il faut être au bon niveau de prix dans le marché.

Donc, votre marge est au minimum.

On peut dire ça. Mais on ne connaît pas le volume qu'on va faire, on ne connaît pas l'ampleur que le réseau va prendre, on a des coûts de démarrage importants.

Avez-vous parlé à ceux qui vont vendre du cannabis dans les autres provinces ?

Absolument. On échange beaucoup depuis le début du projet. On s'est aidés. En ce qui concerne les prix, on se rend compte avec Statistique Canada, qui a fait beaucoup d'évaluations, que le marché québécois est un peu plus bas en termes de prix qu'ailleurs au Canada. Alors nous, notre prix d'entrée à 5,29 $ le gramme reflète ça. Ailleurs au Canada, c'est plutôt autour de 7 $, pour l'instant. Alors oui, on s'est parlé sans se donner d'informations trop confidentielles sur les marges et ces choses-là, mais on s'est donné quand même de bonnes indications.

Comment négociez-vous avec les villes qui ne veulent pas de succursale de la SQDC sur leur territoire, comme Laval ?

On ne fait pas de négociation. Pour l'instant, on les laisse [de côté] parce qu'on a suffisamment de travail pour déployer le réseau. Moi, je me suis impliqué là-dedans, et ce qu'on a fait, c'est une démarche auprès des municipalités. Dans un premier temps, ce qu'on veut, c'est faciliter notre travail. Alors on veut des municipalités qui adhèrent [au projet]. Si elles ne veulent pas, on comprend tout à fait, on met ça de côté et on se reprendra.

Vous n'essayez pas d'en convaincre ?

Pas du tout. Pas dans les premiers temps. Puisqu'on veut travailler dans le sens d'une meilleure acceptabilité sociale, si on travaille avec des municipalités qui ont envie de travailler avec nous, s'il y a des pépins, ça va mieux. Et à l'inverse, si on force des gens et qu'il y a des pépins, on va se chicaner, ça n'évoluera pas dans le bon sens. On a fait ce choix-là et c'est payant.

Comment choisissez-vous les locaux ?

Il y a toute la question de la zone. À Montréal, il y a un périmètre de 150 mètres autour des établissements scolaires primaires et secondaires. Le postsecondaire est exclu, d'ailleurs c'est quelque chose qui risque d'évoluer avec le nouveau gouvernement. Après, on a travaillé par exemple avec la Ville de Montréal qui voulait qu'on soit dans le coin ici [près de la Plaza St-Hubert], qu'on soit près des bouches de métro. Après ce genre de critère, on va voir les locaux qui sont intéressants et on négocie.

Pourquoi n'irez-vous pas dans les centres commerciaux avec galerie marchande ?

C'est un choix qu'on a fait au départ parce qu'il y a souvent des attroupements de jeunes. On veut avoir pignon sur rue seulement.

Qu'allez-vous faire après la fin de votre mandat à la Société des alcools du Québec prévue en décembre ?

Je vais prendre le temps d'y penser ! Pour l'instant, mon idée est d'aller vers le conseil, de siéger à des conseils d'administration. Mais tout ça est encore en réflexion.




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