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Une clinique privée offrira des soins de protonthérapie payés par la RAMQ

Le Groupe CDL ouvrira à Montréal la première clinique de protonthérapie... (Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Le Groupe CDL ouvrira à Montréal la première clinique de protonthérapie du Canada.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

La première clinique canadienne de protonthérapie ouvrira ses portes d'ici 2020 à Montréal. De 15 à 20 patients québécois, pour la plupart de jeunes enfants atteints de cancer, vont actuellement aux États-Unis pour bénéficier de ce type de radiologie. Selon le ministre de la Santé Gaétan Barrette, qui s'attend à économiser ainsi « au moins 40 % » du coût de ce traitement, il aurait été impossible de rentabiliser une installation du genre au sein du régime public.

Protonthérapie

Dans la radiothérapie classique, qui touche la moitié des patients en oncologie, des rayons X sont envoyés sur la tumeur, mais ces rayons traversent le corps de part en part. « Pour les concentrer, on peut utiliser différents angles, mais il y aura de la radiation en amont et en aval de la tumeur », explique David Roberge, directeur médical du Centre de protonthérapie CDL et directeur du département de radio-oncologie au CHUM. « Dans la protonthérapie, les protons s'arrêtent dans la tumeur, alors il n'y a pas de radiothérapie en aval. » L'idée a été avancée après la Seconde Guerre mondiale, mais les premières cliniques sont apparues voilà 25 ans. « Et jusqu'à il y a 10 ans, les cliniques étaient construites de manière artisanale. Maintenant, il y a des fournisseurs d'appareils clefs en main, comme pour les autres appareils de radiologie. Les coûts ont beaucoup baissé. » Le coût d'un appareil était de 100 millions il y a 10 ans ; celui de la clinique montréalaise coûte 30 millions, selon Laurent Amram, président du Groupe CDL.

Les patients

Comme la protonthérapie coûte cher, elle est essentiellement limitée aux enfants, chez qui les radiations peuvent entraîner plus d'effets négatifs à long terme, particulièrement parce qu'ils sont en croissance, indique le Dr Roberge. « On pense par exemple à un cancer du liquide céphalorachidien, où il faut viser la colonne vertébrale. En radiothérapie normale, on va aussi avoir des radiations dans les poumons, le coeur, les intestins. Avec la protonthérapie, il n'y a des radiations que dans la colonne vertébrale. » Des adultes ayant un type de tumeur au cerveau exigeant de fortes doses reçoivent aussi de la radiothérapie. Envoyer les patients aux États-Unis coûte aujourd'hui 250 000 $ par personne, et le Centre de protonthérapie CDL a promis au ministère de la Santé de réduire ce coût de moitié, dit M. Amram. « Les hôpitaux ailleurs au Canada envisagent eux aussi de nous envoyer leurs patients », dit le Dr Roberge. Cela ajouterait une trentaine d'autres patients à ceux du Québec. « On pense aussi que si les coûts sont moins élevés, plus de patients pourront y avoir accès », dit le Dr Roberge. Pour le moment, la protonthérapie coûte 10 fois plus cher que la radiothérapie.

Le groupe CDL

Fondé en 1993 par M. Amram, le Groupe CDL était au départ un réseau de centres de prélèvements et d'analyses, par exemple du sang. Il a maintenant 15 cliniques regroupées sous l'enseigne Elna, certaines généralistes et d'autres spécialisées (cardiologie, urologie, radiologie, entre autres), qui assurent toutes des services remboursés par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ). La construction du Centre de protonthérapie CDL, dont l'emplacement sera « central » mais n'a pas été dévoilé hier, coûtera 70 millions, l'essentiel de ces fonds étant fourni par le groupe CDL et le reste par « deux investisseurs européens », dit M. Amram. Selon M. Amram, la construction sera terminée d'ici un an et les portes ouvriront d'ici 18 à 24 mois. « Nous travaillons depuis deux ans et demi sur ce projet. » L'appareil de protonthérapie sera fourni par la société belge ABI, l'une des plus importantes du domaine, selon M. Amram, et l'implantation de la technologie sera faite de concert avec le réseau de cliniques de protonthérapie britanniques Proton Partners International. La capacité initiale de la clinique montréalaise sera de 250 patients par année. Le Dr Roberge, qui travaille depuis huit ans à installer un appareil de protonthérapie à Montréal, s'est associé au groupe CDL il y a deux ans.

« Pas assez de volume » pour le public

Pourquoi ne pas avoir investi dans un appareil de protonthérapie installé dans un hôpital public ? « Parce qu'on n'a pas assez de volume », répond Gaétan Barrette en entrevue téléphonique. « Cette technologie a fait ses preuves dans un nombre limité d'indications. Il y a quelques années, elle était jugée très prometteuse, mais les études scientifiques ont montré des résultats pertinents seulement dans certaines indications. Alors on paie pour des traitements pour environ 15 à 20 patients par année. Il n'y a pas lieu de construire une installation coûteuse qu'on ne pourra pas rentabiliser. Est arrivée cette entreprise qui a la capacité d'offrir ce service-là, qui prend le risque financier. Ils ont le droit de faire ça. D'après ce que je comprends, ils vont avoir des patients d'ailleurs au Canada et du nord-est des États-Unis. On a convenu avec eux de leur envoyer nos patients. Pour trois raisons. La première, c'est que les indications de la protonthérapie sont essentiellement pédiatriques, des jeunes avec des tumeurs au cerveau en bas âge. Pour cette clientèle-là, quitter la maison n'est pas toujours simple. Deuxièmement, la qualité sera au rendez-vous. Et troisièmement, par patient, ce sera moins cher qu'aux États-Unis, au moins 40 % moins cher. » Ne risque-t-il pas d'y avoir une controverse comme avec la clinique privée de chirurgie Rockland MD ? « Ça n'a aucun rapport, dit le Dr Barrette. Ce n'est pas un service donné au public au départ. Ce n'est pas du tout comparable. »

« On envoie un drôle de signal »

Alain Vadeboncoeur, urgentologue qui a publié plusieurs essais et s'inquiète souvent du rôle grandissant du secteur privé en santé, estime « très curieux » le projet de clinique privée de protonthérapie. « Pour les groupes de médecine familiale, ça peut se défendre, la première ligne est dans le secteur privé un peu partout dans le monde, dit le Dr Vadeboncoeur. Mais je n'avais pas vu ça dans le traitement lourd du cancer. Pourquoi on ne fait pas ça dans nos hôpitaux pour lesquels on a dépensé des milliards de dollars ? Les thérapies lourdes en général ne sont pas très rentables dans le privé. Avec le traitement du cancer, je dirais qu'on envoie un drôle de signal, surtout avec des clientèles aussi vulnérables. »

27

Nombre de centres de protonthérapie aux États-Unis

50

Nombre de centres de protonthérapie ailleurs dans le monde

Source : Particle Therapy Co-Operative Group




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