Des chercheurs du CHUM s'attaquent à la dépendance au fentanyl

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Les surdoses de fentanyl et d'autres opioïdes ont été liées à 2458 morts au Canada en 2016.

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Les surdoses provoquées par le fentanyl et d'autres opioïdes causent maintenant plus de morts que les accidents de voiture au pays. Et des chercheurs veulent voir quel est le meilleur moyen de traiter la dépendance à ces dangereuses substances.

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« Sur le plan de la recherche, il faut voir comment on peut améliorer les traitements pour la dépendance aux opioïdes et faciliter l'accès à ces traitements », affirme le Dr Didier Jutras-Aswad, chercheur et psychiatre au CHUM.

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Le Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) vient de lancer une vaste étude pancanadienne qui suivra 276 participants accros au fentanyl, à la morphine, à l'oxycontin ou à d'autres opioïdes dits « d'ordonnance » - des substances originalement conçues pour soigner, mais qui sont aujourd'hui autant prescrites par les médecins qu'achetées sur le marché noir et auxquelles de plus en plus de Canadiens sont dépendants.

Objectif : trouver la meilleure façon de les faire décrocher.

« C'est une crise qui est dramatique, c'est extrêmement alarmant. Sur le plan de la recherche, il faut voir comment on peut améliorer les traitements pour la dépendance aux opioïdes et faciliter l'accès à ces traitements », dit le Dr Didier Jutras-Aswad, investigateur principal de l'étude en cours, chercheur et psychiatre au CHUM.

Les chercheurs compareront deux façons de traiter la dépendance aux opioïdes d'ordonnance. D'abord le traitement à la méthadone, actuellement le plus prescrit. Puis une combinaison de deux substances, la buprénorphine et la naloxone.

UN TRAITEMENT « EXIGEANT »

La méthadone est aussi un opioïde, mais à action beaucoup plus lente que le fentanyl et les substances similaires. Ceux qui en consomment ne sont donc pas en état d'intoxication et peuvent généralement fonctionner normalement. Le hic, c'est que la méthadone comporte elle-même des risques. Elle peut provoquer des surdoses et peut interagir avec l'alcool. Dans les premiers mois de traitement, les patients sous méthadone doivent se présenter tous les jours en pharmacie pour obtenir le produit, et sa consommation doit souvent être supervisée par un intervenant.

« C'est un traitement qui peut être très exigeant pour certains. Imaginez vous rendre tous les jours à la pharmacie », dit le Dr Jutras-Aswad. 

« Pour quelqu'un qui sort d'une situation extrêmement pénible, qui peut être en situation de vulnérabilité, voire d'itinérance, ça peut être extrêmement compliqué. »

Le chercheur juge la combinaison buprénorphine et nalaxone « plus sécuritaire ». Dans le cadre de l'étude, elle sera donc donnée aux participants de façon beaucoup plus flexible. Les patients n'auront à se rendre en pharmacie que deux fois par mois. Le Dr Jutras-Aswad ne s'en cache pas : il espère montrer que cette solution plus simple convient mieux aux gens dépendants aux opioïdes.

« L'objectif, c'est de montrer que la combinaison buprénorphine et nalaxone est tout aussi efficace que la méthadone pour diminuer l'utilisation d'opioïdes d'ordonnance, tout en étant administrée de façon beaucoup plus flexible et moins exigeante pour les patients. Cela en ferait un traitement de choix », dit-il.

La plupart des études sur la combinaison buprénorphine et nalaxone ont été faites dans un tout autre contexte. Elles portaient surtout sur des utilisateurs d'héroïne, et le médicament était administré selon les mêmes paramètres que la méthadone.

« Il y avait une lacune dans la recherche qu'on veut combler », dit le Dr Jutras-Aswad. L'étude se déroulera sur sept sites répartis entre Montréal, Toronto, Sudbury, Edmonton, Calgary et Vancouver. La moitié des patients suivront un traitement de méthadone pendant 24 semaines, tandis que l'autre moitié suivra le traitement buprénorphine/nalaxone. Les résultats seront connus dans environ deux ans.




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