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Main-d'oeuvre indépendante: baisse de 18% en quatre ans

Sur les 16 agences de santé du Québec,... (Photo Martin Chamberland, archives La Presse)

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Sur les 16 agences de santé du Québec, 6 ont augmenté leurs dépenses en embauche de personnel du privé, souvent à cause de particularités régionales, comme en Côte-Nord.

Photo Martin Chamberland, archives La Presse

Le réseau de la santé recourt de moins en moins à des employés d'agences privées pour pourvoir ses quarts de travail, révèlent des données obtenues en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Depuis 2009, les dépenses en main-d'oeuvre indépendante dans les établissements de santé ont chuté de 18%, pour atteindre 204 millions en 2012.

Dans 10 des 16 agences de la santé et des services sociaux de la province, les dépenses liées à l'embauche d'infirmières, de préposés aux bénéficiaires et de techniciens du privé ont diminué depuis 2009. Seules six agences ont vu leurs dépenses dans ce secteur augmenter: Côte-Nord, Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent, Nord-du-Québec et Chaudière-Appalaches.

Préférer la mine à l'hôpital

C'est la Côte-Nord qui a enregistré la plus forte hausse des dépenses en main-d'oeuvre indépendante, soit une augmentation de 143%. L'agence de la santé de la Côte-Nord a tenté de comprendre cette situation et a publié une analyse sur le sujet la semaine dernière.

«On voit que nous avons des problèmes de recrutement. Entre autres parce que les mesures incitatives pour pratiquer en région éloignée ne sont plus aussi attrayantes qu'avant», explique le président-directeur général de l'agence de la santé de la Côte-Nord, Ivo Di Piazza. Il ajoute que la situation économique générale de la Côte-Nord entraîne aussi des problèmes de recrutement. «Avec les chantiers miniers et le projet de la Romaine, plusieurs emplois se sont créés. Les gens préfèrent aller travailler là plutôt que d'être préposés aux bénéficiaires. Leur taux horaire est souvent deux fois plus élevé! Ils ne sont pas intéressés par le réseau de la santé», explique-t-il.

Au contraire, l'agence de la santé du Saguenay-Lac-Saint-Jean peut se vanter de n'avoir recours à aucune main-d'oeuvre indépendante dans son territoire. «On a pris l'engagement de ne jamais avoir recours à des employés d'agence pour les soins infirmiers. Parce que les coûts sont beaucoup plus élevés et que cette main-d'oeuvre déstabilise nos propres équipes, explique Nathalie Morin, agente de planification, programmation et recherche à l'agence de la santé du Saguenay. En plus, quand les agences privées s'installent dans une région, ils recrutent les candidats qui viendraient normalement travailler chez nous. C'est un cercle vicieux qu'on a voulu éviter.»

Des efforts doivent tout de même être faits pour éviter le recours aux employés d'agence. «On fait des activités de recrutement intensément. On est en lien étroit avec les écoles pour inciter nos stagiaires à rester ensuite dans la région», indique Mme Morin, qui ajoute que 200 nouvelles infirmières reçoivent chaque année leur diplôme au Saguenay-Lac-Saint-Jean - soit environ le même nombre que les embauches annuelles de l'Agence.

Amélioration majeure

En 2012, c'est le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Gatineau qui présentait les dépenses les plus élevées pour sa main-d'oeuvre indépendante: 9,6 millions. Le directeur des communications de l'établissement, Sylvain Dubé, précise toutefois que l'hôpital a décidé de régler une fois pour toutes cette problématique. «En 2013-2014, on a diminué ces dépenses à 2,9 millions. Et on vise éventuellement à ne plus jamais en utiliser», dit-il.

Au CSSS d'Ahuntsic-Montréal-Nord, où on a dépensé 7,3 millions en main-d'oeuvre indépendante en 2012, on explique que c'est parce qu'une bonne partie des services à domicile étaient offerts par des employés d'agence cette année-là. «Mais on a eu des budgets depuis et la situation s'améliore», affirme le directeur général du CSSS, Donald Haineault. À la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), on estime que la diminution du recours à la main-d'oeuvre indépendante reste un enjeu de taille dans le réseau. «C'est un fardeau pour les employés réguliers. On voit que le recours à cette main-d'oeuvre continue d'augmenter en région. Il faut corriger ça», estime le président de la FSSS, Jeff Begley.

Le vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jean Lacharité, ajoute que certains établissements, comme l'Hôpital général juif de Montréal, n'ont pas du tout recours aux employés d'agences privées. «Les solutions existent. Pourquoi le réseau ne les met-il pas de l'avant?»

- Avec la collaboration de Serge Laplante

Sept agences qui ont dépensé plus que les autres en 2012:

Établissements ayant le plus dépensé pour engager de la main-d'oeuvre indépendante en 2012-2013 (en millions de dollars)

CSSS de Gatineau: 9,6

CSSS d'Ahuntsic-Montréal-Nord: 7,3

CSSS de Dorval-Lachine-LaSalle: 6,8

CSSS Jeanne-Mance: 5,7

CSSS Laval: 5,5

CSSS Sud-Ouest-Verdun: 5,4

CSSS de Saint-Jérôme: 5,4

Source: Étude des crédits, ministère de la Santé et des Services sociaux




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