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En attente d'une opération, elle risque de perdre l'usage de ses jambes

«Je n'ai pas vécu encore. Je veux retourner... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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«Je n'ai pas vécu encore. Je veux retourner travailler. Prendre soin de mes enfants. Payer mes impôts et apporter quelque chose à la société. On peut-tu accélérer mon cas?», demande Sanya Douville.

PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE

Sanya Douville attend depuis plus d'un an une intervention au dos. Plus le temps passe et plus cette jeune mère de famille de 29 ans risque de perdre l'usage de ses jambes. Son médecin, un chirurgien orthopédique ultraspécialisé, aurait aimé l'opérer en juillet. Mais à cause de la période des vacances, il ne pourra faire d'opérations durant deux mois consécutifs, faute de temps de salle d'opération. Une attente que Mme Douville qualifie «d'inhumaine».

«Chaque jour que j'attends, je risque encore plus de perdre l'usage de mes jambes. Je ne veux pas! Je veux être là pour mes enfants. Je veux retourner travailler. Je suis tellement tannée d'attendre!», dit cette maman de deux bambins de 3 et 5 ans.

Mme Douville a commencé à éprouver de vives douleurs au bas du dos en 2012. «Je suis allée chez le physiothérapeute, mais ça ne donnait rien», raconte-t-elle.

La résidante de Sainte-Catherine a alors subi une batterie de tests. En attente des résultats, Mme Douville qui est directrice des ventes dans une grande entreprise, qui nage plusieurs fois par semaine et qui court des demi-marathons, a vu son état se dégrader. «J'avais de la difficulté à marcher. J'étais tout le temps en douleur», dit-elle.

Le diagnostic est tombé le 4 avril 2013: trois hernies discales coincent une portion de ses nerfs. Mme Douville tombe en arrêt de travail et se fait mettre sur la liste d'attente du Dr Jean-François Roy, un chirurgien orthopédiste surspécialisé de la région de Québec.

«Mon cas est complexe. Je dois me faire installer de nouveaux disques dans le dos et le Dr Roy est l'un des deux seuls chirurgiens à pouvoir faire ça au pays», affirme Mme Douville.

En attente de son opération, Mme Douville doit prendre tous les jours une panoplie de médicaments, dont des narcotiques, pour contenir la douleur.

L'urgence de son cas est manifeste, confirme le Dr Roy. «Mes nerfs sont écrasés depuis plus d'un an. On m'a déjà dit que je ne retrouverais sûrement pas la sensation dans mes jambes. Je risque la chaise roulante», souffle Mme Douville, qui peine à contenir ses larmes.

Des salles sous-utilisées

Le Dr Roy a une liste d'attente de deux ans. Il déplore lui aussi les délais que doit subir Mme Douville. «Tous mes patients sont dans ce genre de situation: en douleur, grabataires... Le problème, c'est qu'on ne me donne pas assez d'heures pour opérer», dit-il.

Une situation que confirme le président de l'Association des orthopédistes du Québec, le Dr Louis Bellemare. «Les 290 orthopédistes du Québec opèrent en moyenne une journée par semaine. Donnez juste une demi-journée de plus à chacun d'eux et les listes d'attente seraient éliminées», soutient le Dr Bellemare, qui estime que la seule raison pour laquelle Québec n'augmente pas la capacité opératoire en est une de budget.

Le Dr Roy pensait pouvoir opérer Mme Douville en juillet, mais il n'a finalement aucun temps de salle d'opération pour les mois de juin et juillet.

«Le problème, c'est que l'été est trop long et dure de la Saint-Jean-Baptiste à la fête du Travail. Il faut corriger ça», estime le Dr Bellemare.

«Je comprends que les infirmières prennent des vacances. Elles le méritent! Mais n'y aurait-il pas moyen de les remplacer?», demande Mme Douville.

Collecte de fonds

En attendant de se faire opérer, Mme Douville peine à joindre les deux bouts. Sa compagnie d'assurances refuse de la dédommager. Même si son conjoint travaille, elle doit se résigner à fréquenter les banques alimentaires. «C'était moi, le gros revenu de la famille», note-t-elle.

Comme si la situation n'était déjà pas assez complexe, l'aîné de Mme Douville souffre de diverses maladies. «Il est né de façon très prématurée. Il souffre de dysphasie, de tachycardie, d'épilepsie, de bronchodisplasie...», résume la mère. Huit fois par mois, l'enfant et ses parents doivent se rendre au CHU Sainte-Justine pour différents rendez-vous.

«On me dit parfois que j'aurais dû me débrouiller pour aller me faire opérer à l'extérieur du pays. Mais outre le fait que ce soit cher, je ne peux pas le faire. Je dois être là pour mon fils.»

Pour augmenter ses chances de se faire opérer rapidement, Mme Douville a décidé de collecter des fonds pour se payer une convalescence au privé. Elle a jusqu'à maintenant collecté 2000 des 7000 dollars nécessaires à sa remise sur pied.

«Je n'ai pas vécu encore. Je veux retourner travailler. Prendre soin de mes enfants. Payer mes impôts et apporter quelque chose à la société. On peut-tu accélérer mon cas?»




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