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Deux cas de diphtérie signalés dans des hôpitaux du Québec

L'une des victimes signalées de la diphtérie a... (Photo François Roy, archives La Presse)

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L'une des victimes signalées de la diphtérie a dû être hospitalisée durant plus d'un mois, l'autre a contracté la maladie contagieuse et potentiellement mortelle au contact de l'un de ses 17 chats.

Photo François Roy, archives La Presse

Pour la première fois en plus de 24 ans, deux cas de diphtérie viennent d'être détectés dans des hôpitaux du Québec, a appris La Presse.

L'une des victimes a dû être hospitalisée durant plus d'un mois, l'autre a contracté la maladie contagieuse et potentiellement mortelle au contact de l'un de ses 17 chats.

La dernière éclosion de diphtérie au Québec remontait à 1974 sur la Côte-Nord. Une douzaine de cas, dont un mortel, avaient alors été signalés. Depuis, cette maladie d'une ère révolue qui s'attaque au coeur et aux voies respiratoires avait pratiquement disparu.

Puis, en mars, à quelques semaines d'intervalle, deux femmes qui ne se connaissaient pas se sont présentées dans deux hôpitaux différents, atteintes de deux formes de ce que les Français, au XIXe siècle, appelaient le «croup».

La première, âgée de 21 ans, arrivait du Panama. Elle a été hospitalisée au CHUM à Montréal avec une fièvre sévère et dans un état comateux. C'est avec stupéfaction que les médecins en sont venus à un diagnostic de diphtérie au terme d'une longue enquête. «J'ai même appelé le laboratoire de Panama qui avait fait des tests [sur cette patiente]. Je n'en revenais pas de voir ça à notre époque. C'est très rare», explique le microbiologiste Grégoire Noël.

La jeune femme a été mise sous antibiotiques dès son arrivée au Québec, mais elle a dû être opérée au coeur tant son état était grave. Elle a passé plus d'un mois aux soins intensifs avant d'être transférée au département de neurologie de l'hôpital.

Il a été impossible de déterminer si elle avait été immunisée, car son carnet de vaccination n'était pas à jour.

Bien que la maladie ait été fulgurante, son cas ne sera pas recensé par les autorités de la santé publique, notamment parce que la bactérie a été contractée à l'étranger. «Mais c'est une vraie diphtérie», croit le Dr Noël.

Des chats porteurs de la maladie

Si l'autre cas dépisté a eu des conséquences moins graves, il a quelque chose de plus inquiétant parce que la maladie a été contractée au Québec et était jugée «toxique». Une première depuis que la diphtérie est une maladie à déclaration obligatoire. Ce sont des chats qui seraient responsables du retour de ce mal disparu.

Une quinquagénaire s'est présentée aux urgences avec des plaies chroniques aux jambes. Diagnostic: une forme de diphtérie qui s'attaque à la peau, et ce, malgré une immunisation en 2007.

«Aucun vaccin n'est efficace à 100%, et pour la diphtérie, il faut plusieurs doses de rappel pour une protection optimale», précise Stéphanie Ménard, porte-parole au ministère de la Santé.

Rapidement, les autres personnes vivant avec la patiente ont été soumises à des tests afin de s'assurer qu'ils n'avaient pas été contaminés. Ils ont été vaccinés. La femme possède 17 chats. Selon la santé publique, l'un d'eux est la cause de la maladie. Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation a d'ailleurs fait des prélèvements sur quatre des bêtes. Les agents n'ont rien trouvé.

Au ministère de la Santé, on se fait rassurant. «Il n'y a pas lieu de s'inquiéter, assure Mme Ménard. On croit qu'il s'agit d'un cas isolé de contamination animale. Nous allons rester vigilants.»

La diphtérie est une maladie évitable grâce à la vaccination et traitable par antibiotiques. Elle touche surtout les enfants, mais depuis le milieu des années 90, on observe une recrudescence des cas chez les adultes, surtout dans les pays de l'ex-URSS, en raison de l'absence de revaccination. On y a recensé 150 000 cas et 4500 décès entre 1990 et 1995. De 19 à 66% de population n'était alors pas immunisées contre la maladie, selon les pays. Au Canada, environ 80% de la population adulte est protégée, estime l'Agence de santé publique fédérale. Au Québec, 85% des enfants âgés de 2 ans et plus de 70% des élèves de troisième secondaire seraient vaccinés.




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