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Des compressions à venir, craint le réseau de la santé

L'urgence de l'hôpital Sacré-Coeur à Montréal.... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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L'urgence de l'hôpital Sacré-Coeur à Montréal.

Photo Olivier Pontbriand, La Presse

Avec une hausse d'à peine 3% des dépenses prévue en 2014-2015, le réseau de la santé risque de vivre des heures difficiles et le milieu craint déjà de se heurter à des choix déchirants.

Au cours des 10 dernières années, la croissance moyenne des dépenses en santé s'est plutôt située autour de 5,6%. C'est près du double.

«C'est quand même le secteur qui reçoit le plus. C'est plus que l'inflation», a justifié le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau, en affirmant que les services pourront être maintenus malgré tout. «À 3%, on pense que c'est faisable.»

Un avis que ne partagent pas l'opposition et le milieu de la santé. Les réactions étaient fortes hier.

Le budget de la santé s'accroît de 976 millions, pour atteindre 33,7 milliards cette année. Une somme de 1,5 milliard provient du Fonds de financement des établissements de santé et de services sociaux (FINESSS).

Ce fonds destiné exclusivement au réseau de la santé est financé par la contribution santé progressive - la taxe santé - de même que par la hausse des impôts chez les personnes ayant de hauts revenus. Québec a aussi puisé 430 millions dans les transferts fédéraux.

Bien peu d'argent neuf

Malgré la croissance du budget, il restera dans les faits bien peu d'argent neuf pour les hôpitaux et la dispensation des soins. La majeure partie de l'enveloppe est absorbée par la masse salariale et le coût des médicaments.

À elle seule, la rémunération supplémentaire consentie aux médecins absorbe la moitié des ressources supplémentaires allouées en santé. L'entente conclue entre Québec et les médecins, qui prévoit un rattrapage avec le reste du Canada, fixe à 540 millions la somme supplémentaire prévue en 2014-2015.

Le ministre Marceau compte négocier avec les fédérations pour étaler sur une plus longue période la hausse prévue au cours des deux prochaines années. Il espère réinjecter les sommes ainsi récupérées dans le réseau de la santé.

«Cette entente exerce des pressions importantes» sur le budget du gouvernement, a-t-il fait valoir. Mais à ce jour, les fédérations des médecins se montrent peu réceptives.

En cinq ans, la rémunération des médecins s'est accrue de 67% comparativement à 22% pour les employés des secteurs public et parapublic.

Le budget présenté hier équivaut à des coupes importantes, a dénoncé le chef de l'opposition officielle, Philippe Couillard. «Il est illusoire de dire à la population que les services ne seront pas affectés, ils sont déjà affectés.»

L'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) évalue à 400 millions le manque à gagner dans les hôpitaux.

Juste pour absorber les coûts de système, il faudrait 4,4%, indique la directrice générale, Diane Lavallée. «C'est clair que si on a 3%, c'est des coupes qu'il faut faire quelque part, dit-elle. On ne peut plus penser offrir les mêmes services.»

L'argent suivra le patient

Le gouvernement ira de l'avant avec le financement axé sur le patient, a annoncé le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau, en déposant le rapport du Groupe d'experts pour un financement axé sur les patients, mandaté il y a deux ans. Le rapport détaille 15 recommandations pour faire en sorte que l'argent suive le patient au lieu du mode actuel, basé sur un financement historique. «L'implantation de ce type de financement permettra d'augmenter la valeur de chaque dollar investi en santé tout en améliorant les services offerts», a déclaré M. Marceau. Les détails sur la façon d'y parvenir seront dévoilés dans les prochaines semaines. Voici un résumé du rapport en quatre mots.

Interventions chirurgicales

L'accès aux interventions chirurgicales est le premier volet auquel doit s'attaquer le gouvernement en étendant son programme actuel. Le financement des activités chirurgicales devrait être déterminé en fonction du nombre d'opérations effectuées et du tarif établi à l'échelle du Québec pour chaque type d'intervention. Il existe actuellement une grande disparité entre les régions, des patients attendent encore trop longtemps et les coûts varient d'un hôpital à l'autre. L'écart de performance peut atteindre jusqu'à 1500$, a souligné M. Marceau. «Ce sont des écarts fort importants. Il faut qu'on connaisse la vérité sur les coûts dans notre système de santé.»

Meilleures pratiques

La qualité des soins doit être une priorité et il faut viser les meilleures pratiques, estime le groupe d'experts. Il invite le gouvernement à prendre exemple sur le Programme québécois de dépistage colorectal qui a permis de mettre en place des mesures uniformes à l'échelle du Québec. Mis en place en 2010, il a notamment permis de réduire le délai d'attente pour une coloscopie, en plus d'éviter des examens inutiles. Il serait possible d'étendre cette philosophie à d'autres services cliniques qui restent encore à être déterminés, note le rapport.

Malades chroniques

La prise en charge des patients atteints de maladie chronique représente un défi, particulièrement avec le vieillissement de la population. Le tiers des patients âgés de 65 à 79 ans souffrent d'au moins deux maladies chroniques tandis que cette proportion grimpe à près de 50% chez les gens de 80 ans et plus. Le financement devrait favoriser l'intégration des soins pour ces patients, propose le rapport. Québec devrait ainsi mettre en place des consortiums de médecins et de professionnels de la santé pour assurer le suivi des malades.

Informatisation

Pour déterminer combien coûte chaque épisode de soins, encore faut-il être en mesure de colliger l'information. Dans la foulée du rapport du groupe d'experts, le budget Marceau prévoit une somme de 15 millions en 2014-2015 qui sera allouée à l'informatisation. Cette enveloppe grimpera à 40 millions pour les années subséquentes. Cela permettra de collecter les données, de les comparer et de les analyser, avec l'objectif de construire des bases de données. Un travail qui s'échelonnera progressivement sur plusieurs années, tout comme la mise en place des réformes proposées par le groupe d'experts.




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