Les organismes de santé publique souhaitent qu'un jour, le radon soit systématiquement détecté dans tous les édifices et les maisons. Après les écoles, Québec prépare d'ailleurs un nouveau projet-pilote qui touche cette fois les habitations à loyer modique, a appris La Presse.

Publié le 20 nov. 2013
Pascale Breton LA PRESSE

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La région où les HLM sont visés n'a pas encore été sélectionnée, mais il n'est pas exclu que ce soit la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. C'est la région du Québec où les concentrations de radon sont les plus élevées, rappelle le 

Dr Jean-Claude Dessau, président du Comité intersectoriel québécois sur le radon et médecin-conseil à la Direction de santé publique des Laurentides.

«Il faut s'attaquer aux populations plus à risque», indique le Dr Dessau en précisant que le radon est de plus en plus connu dans la population.

L'idéal serait qu'un jour, il y ait du dépistage dans toutes les maisons et tous les édifices publics, ajoute-t-il. «Nous essayons d'y aller de façon progressive», dit-il.

Une carte du radon

Ces programmes de dépistage permettent non seulement de sensibiliser la population à l'importance de dépister le radon de manière préventive, mais également de dessiner une carte du radon au Québec.

La dernière enquête produite par Santé Canada en mars 2012 a démontré que dans la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, une maison sur quatre est touchée par le radon.

L'organisme fédéral avait fait parvenir des dosimètres dans 18 000 foyers au pays pour mesurer les concentrations de radon.

L'enquête a révélé que 8,2% de la population québécoise vit dans une maison ou un logement où les concentrations de radon sont plus élevées que la ligne directrice fixée à 200 becquerels par mètre cube. La moyenne canadienne est de 6,9%.

Après la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (25,3%), les régions du Bas-Saint-Laurent (14%), de Chaudière-Appalaches (13,1%), de l'Outaouais (12,9%) et de Laval (12,1%) sont les plus touchées.

Toujours dans un esprit de prévention, Santé Canada a pour la première fois cette année fait du mois de novembre le mois de sensibilisation au radon. «C'est la bonne période pour commencer la mesure du radon dans les maisons et les édifices publics», explique Mathieu Brossard, spécialiste régional pour Santé Canada.

Il est facile de dépister le radon dans les maisons, souligne M. Brossard. «Un jour, ça devrait être dans les moeurs, comme les détecteurs de fumée ou les détecteurs de monoxyde de carbone dans les maisons.»

Des provinces sont davantage touchées, comme le Manitoba et le Nouveau-Brunswick. «Le quart des maisons est touché à l'échelle de leur province. Dans certaines régions, c'est une maison sur deux», précise M. Brossard.

Le radon est une cause du cancer du poumon reconnue depuis plusieurs années. Pendant longtemps, ce problème de santé ne semblait toucher que les mineurs qui travaillaient dans les mines d'uranium. Ce n'est que depuis les années 2000, à la lumière des données scientifiques, que le radon est devenu une préoccupation pour la population en général.

L'amiante représente un risque pour 1 personne sur 1 million tandis que le radon, à une concentration de 200 becquerels par mètre cube, représente un risque pour

1 personne sur 100, explique M. Brossard.

«Pour connaître le risque, il n'y a pas d'autres choix que de mesurer la concentration. Mais la bonne nouvelle est ce que ça se corrige facilement», note M. Brossard.

- Avec la collaboration de Serge Laplante