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Heures supplémentaires obligatoires: les infirmières du CHUM au bout du rouleau

Les heures supplémentaires obligatoires sont devenues monnaie courante au... (Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse)

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Photo Patrick Sanfaçon, archives La Presse

Les heures supplémentaires obligatoires sont devenues monnaie courante au Centre hospitalier de l'Université de Montréal, au point où chaque jour, c'est l'équivalent d'au moins une infirmière qui est forcée de rester, contre son gré, une fois son quart de travail terminé.

C'est seulement la pointe de l'iceberg, affirme le Syndicat des professionnels en soins de santé du CHUM (SPSS) qui recense le «temps supplémentaire obligatoire» qui lui est rapporté. Cette compilation, que La Presse a obtenue, révèle que la situation n'a fait qu'empirer au cours des 18 derniers mois.

La situation est plus problématique à l'hôpital Saint-Luc. On y enregistre les trois quarts du «temps supplémentaire obligatoire». Au cours des derniers mois, les services des urgences, des soins intensifs, d'uro-oncologie, d'hémodialyse, de néonatalogie, de psychiatrie, entre autres, ont fait face à des crises dues au manque de personnel. Des infirmières ne peuvent quitter leur poste parce qu'il n'y a personne pour prendre le relais. C'est pire le soir et la nuit.

«Ça fait des années que ça dure. De par la durée, de par l'intensité, le temps supplémentaire obligatoire devient pratiquement du harcèlement, de la violence administrative», dénonce Guy Brochu, président du SPSS.

Inertie à Québec, dénonce le syndicat

Même si le problème est récurrent et qu'il semble même empirer, «rien ne bouge», ajoute M. Brochu. Il fait pourtant parvenir la compilation du «temps supplémentaire obligatoire» à la direction du CHUM et au ministre de la Santé, Réjean Hébert. «Au moins, ils ne pourront pas dire qu'ils ne sont pas au courant», lance le président du SPSS.

Ces données cumulées par le syndicat ne représentent qu'une portion de la réalité. Celle-ci est pire encore, croit

M. Brochu. «Beaucoup d'infirmières sont tellement écoeurées qu'elles ne viennent même pas le dénoncer. D'autres ont peur de représailles.»

En moins d'un an, des infirmières de trois unités différentes se sont présentées devant le conseil d'administration. Les infirmières des urgences, puis celles des soins intensifs et plus récemment, celles travaillant en uro-oncologie ont dénoncé publiquement leurs conditions de travail. Un geste exceptionnel.

La direction du CHUM assure que les heures supplémentaires obligatoires représentent une «mesure de dernier recours» et qu'elles restent «limitées» avec environ 4000 heures l'an dernier, fait savoir la porte-parole du CHUM, Isabelle Lavigne.

«Le temps supplémentaire obligatoire demeure un enjeu qui préoccupe la direction du CHUM», précise-t-elle en indiquant que le centre hospitalier tente de mettre en place des solutions en misant notamment sur le recrutement. Le nombre de nouvelles infirmières a augmenté de 30% en deux ans.

Une «philosophie de gestion»

Le CHUM n'est pas le seul centre hospitalier touché. Le problème se fait sentir dans toute la province en raison de la pénurie d'infirmières, explique la présidente de la Fédération interprofessionnelle du Québec (FIQ), Régine Laurent.

Les heures supplémentaires «devaient être là pour les situations d'urgence, si une équipe était malade en raison de la gastro par exemple. Mais depuis quelques années, c'est une nouvelle philosophie de gestion qui s'est répandue», déplore Mme Laurent.

La FIQ a déposé en septembre un dossier au ministre de la Santé à ce sujet, mais elle est sans nouvelles depuis.

Pendant ce temps, «les infirmières sont en détresse», ajoute Mme Laurent. Travailler un quart de travail de plus signifie 16 heures de présence en continu à l'hôpital.

«L'infirmière entre à 4h de l'après-midi et au lieu de partir à minuit, on l'oblige à rester jusqu'à 8h du matin et on s'attend à ce qu'elle ait suffisamment bien dormi pour revenir travailler à 16h, déplore Mme Laurent. Il y a un risque d'erreurs important.»

Au bout du rouleau, des infirmières tombent malades ou démissionnent. Quand elles voient que personne ne les remplacera après leur quart de travail, d'autres débraient de façon spontanée pour forcer l'employeur à trouver une remplaçante. D'autres encore dénoncent la situation au conseil d'administration, comme ce fut le cas au CHUM.

Temps supplémentaire obligatoire au CHUM (déclaré)

De février 2012 à juillet 2013 (18 mois):

651 quarts de travail au total

> Hôpital Saint-Luc: 478 (73%)

> Hôpital Notre-Dame: 136 (21%)

> Hôtel-Dieu: 37 (6%)

* Source: SPSS du CHUM

Heures supplémentaires totales au Québec :

3 843 806 heures en 2012

3 810 356 heures en 2011




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