Un accompagnateur aidera le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) au cours des trois prochains mois pour tenter de redresser la situation et améliorer la gouvernance, a appris La Presse.

Mis à jour le 3 oct. 2013
Pascale Breton LA PRESSE

La demande a été faite officiellement à l'agence de la santé et des services sociaux de Montréal, au terme d'une réunion du conseil d'administration, mardi soir.

L'accompagnateur devra aider le CHUM à appliquer trois mesures de resserrement de la gouvernance qui ont aussi été mises en place, a expliqué le président du conseil d'administration du CHUM, Alain Cousineau, en entrevue à La Presse.

L'accompagnateur désigné par l'Agence «pourra nous apporter un éclairage un peu plus large en nous accompagnant dans nos démarches», estime M. Cousineau. La durée du mandat sera de trois mois.

Parallèlement à la demande d'accompagnement, le conseil d'administration a mis en place trois mesures de resserrement de la gouvernance concernant les nominations, l'attribution de contrats et un mécanisme de vérification interne.

Pour cette dernière mesure, le CHUM pourrait décider de se tourner vers une firme de vérification, qui se verrait confier des mandats périodiques pour aider l'établissement à faire le ménage. Les mandats seraient déterminés par le comité de vérification, qui est redevable au conseil d'administration et non pas à la direction générale.

La présence d'un accompagnateur et les mesures mises en place devraient entraîner des résultats rapidement, a déclaré M. Cousineau. «C'est ce qui va entraîner les assurances que le conseil d'administration souhaite avoir en matière de gouvernance.»

Il n'est pas fréquent qu'un hôpital demande la présence d'un accompagnateur, une mesure relativement nouvelle prévue par la loi. Récemment, le Centre universitaire de santé McGill a fait l'objet d'un accompagnement, mais c'est le ministre de la Santé, Réjean Hébert, qui l'avait demandé.

Une demande bien accueillie

À l'Agence comme au ministère de la Santé, on se réjouit par ailleurs de la demande d'accompagnement formulée par le CHUM.

Le conseil d'administration «démontre, par cette demande, qu'il prend ses responsabilités en matière de gouvernance et montre une volonté de corriger la situation», a indiqué Ariane Lareau, attachée de presse du ministre de la Santé, Réjean Hébert.

Des problèmes de gouvernance, des nominations douteuses et des primes non autorisées ont mis le CHUM sur la sellette depuis plusieurs mois. Le rapport du vérificateur général, attendu au cours des prochaines semaines, pourrait d'ailleurs faire mal, craignent plusieurs.

Le directeur général, Christian Paire, a notamment reçu une prime au rendement totalisant 69 000$ au cours des trois dernières années. L'Agence de Montréal juge cette prime illégale en vertu de la loi et a exigé son remboursement.

La Presse a aussi révélé que M. Paire a reçu pendant les quatre premières années de son mandat une prime annuelle pouvant atteindre 101 000$ - que le Conseil du Trésor a abolie au printemps - ainsi qu'une rémunération additionnelle de 80 000$ pendant deux ans, qui provenait de l'Université de Montréal et de la Fondation du CHUM, ce qui était également contraire à la loi.

Concernant la prime au rendement, la question n'est pas réglée. Le CHUM conteste l'illégalité de la prime, avec en main un avis juridique sur la question. Des discussions sont en cours avec l'Agence et le ministère de la Santé. Le conseil d'administration ne statuera pas avant d'avoir un retour de la part du Ministère, a précisé M. Cousineau.