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Des amendes pour forcer le retrait d'aînés des hôpitaux

Dès le 17 novembre, les Centres de santé et de services sociaux (CSSS) qui... (Photothèque Le Soleil)

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Photothèque Le Soleil

Dès le 17 novembre, les Centres de santé et de services sociaux (CSSS) qui seront incapables de retirer les aînés des hôpitaux en moins de huit jours et de leur offrir des soins à domicile se verront imposer des amendes de plus de 900$ par jour par patient, a appris La Presse.

Dans une directive publiée le 26 juillet 2013, l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal mentionne que 189 lits sont actuellement occupés par des personnes âgées qui ne nécessitent plus de soins actifs dans les hôpitaux de la métropole. Ces aînés sont généralement en attente d'une place en hébergement dans le réseau.

L'état de santé de ces personnes est stable, mais parfois très complexe. Certains nécessitent même plus de trois heures de soins par jour.

Malgré la lourdeur de certains cas, l'Agence souhaite que ces personnes retournent à la maison le plus vite possible, pour y recevoir des soins à domicile.

Huit jours

«La place de ces personnes n'est pas à l'hôpital», martèle le Directeur des affaires institutionnelles et des ressources humaines de l'Agence, Vincent Lehouillier, qui dit souhaiter «augmenter la vitesse de prise en charge des patients par les CSSS».

Les CSSS auront huit jours pour sortir les patients des hôpitaux. S'ils en sont incapables, une amende de 984$ par jour par aîné leur sera imposée. Cette somme représente le coût exact d'une journée d'hospitalisation. M. Lehouillier assure que cette mesure n'est pas «une collecte de fonds déguisée» pour l'Agence. «Avec les amendes, on veut attirer l'attention sur la prise en charge des patients», dit-il.

Un budget additionnel de 10 millions a été accordé pour tous les CSSS de Montréal afin de contribuer à la prise en charge. M. Lehouillier estime que ce sera suffisant. Le son de cloche est bien différent sur le terrain. Au CSSS Ahuntisc - Montréal-Nord, le syndicat est sur un pied d'alerte. «On connaît déjà la situation dans les soins à domicile: il y a de l'attente et on manque de fonds. Les 10 millions ne seront pas suffisants», estime la présidente du syndicat du CSSS Ahuntsic - Montréal-Nord, Marjolaine Goudreau.

Absorber tous ces nouveaux patients sera effectivement une tâche considérable si l'on se fie au rapport du vérificateur général publié cet été. Dans son rapport, on notait que les délais d'attente pour recevoir des soins à domicile pouvaient atteindre jusqu'à 1000 jours, soit près de trois ans, pour certains services.

Urgence d'agir

L'agence de la santé justifie sa décision en disant que le nombre de personnes en fin de soins actifs dans les hôpitaux de Montréal est en augmentation constante alors que le nombre de places en hébergement est en baisse. Si bien que les lits de courte durée des hôpitaux sont "bloqués", et ce, depuis des mois. "Ça a des répercussions sur tout l'hôpital. Il fallait faire quelque chose», dit M. Lehouillier.

Mme Goudreau estime quant à elle que les amendes stressent énormément le milieu. «Huit jours, c'est peu. Installer une personne à domicile peut être très long. Il faut faire des évaluations, installer des barres de soutien, acheter des lits d'hôpitaux. Et maintenant, on aura à gérer des patients plus lourds, qui ont besoin de plus de trois heures de soins par jour. On avait déjà de la difficulté à arriver. Et là, on veut nous faire payer le prix en plus. C'est la panique ici», note Mme Goudreau, qui ajoute que la pression exercée sur les proches aidants sera énorme. M. Lehouillier assure que les cas trop lourds feront l'objet d'exceptions et ne seront pas retournés à la maison.




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