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Médecine privée: Québec veut stopper «l'hémorragie»

L'essor de la médecine privée est «un problème»... (Photo Anne Gauthier, La Presse)

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L'essor de la médecine privée est «un problème» aux yeux de Réjean Hébert. «C'est un problème d'équité, a-t-il renchéri en entrevue à La Presse.

Photo Anne Gauthier, La Presse

(Québec) L'exode des médecins vers les cliniques entièrement privées est devenu une «hémorragie», s'inquiète le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert. Il adoptera «très bientôt» des mesures pour dissuader les médecins de larguer le réseau public.

La Presse a révélé mardi que le Québec connaît un boom de la médecine privée. On compte maintenant quelque 200 cliniques entièrement privées, donc qui n'acceptent pas la carte soleil. Les médecins qui y travaillent se déclarent comme non participants à la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) et les patients doivent payer pour recevoir des soins.

L'essor de la médecine privée est «un problème» aux yeux de Réjean Hébert. «C'est un problème d'équité, a-t-il renchéri en entrevue à La Presse. Il faut donner aux citoyens accès aux services dans le réseau public et réserver le réseau privé pour ce qui n'est pas couvert par l'assurance maladie. Il ne faut pas créer un deuxième système en parallèle.»

Il trouve «préoccupante» l'augmentation du nombre d'omnipraticiens qui quittent la RAMQ pour ouvrir des cliniques de médecine familiale entièrement privées, un phénomène nouveau. Ils étaient seulement 18 à ne pas participer à la RAMQ en 2001 contre 186 aujourd'hui.

On compte également 76 médecins spécialistes non participants à la RAMQ. Au total, 262 médecins travaillent hors du régime public, un record. Ils étaient 60 il y a 10 ans.

Pénurie dans le public

Pour Réjean Hébert, cet exode aggrave la pénurie de médecins dans le réseau public. «On a doublé les admissions dans les facultés de médecine. S'il faut que les finissants, au lieu d'aller dans le régime public, s'en aillent dans le régime privé, on n'est pas bien bien plus avancé», a-t-il soutenu.

Il juge «important d'empêcher cette hémorragie». Il entend entre autres revoir le délai permettant à un médecin de sortir de la RAMQ. À l'heure actuelle, un médecin n'a qu'à remplir un simple formulaire et, après 30 jours, il devient automatiquement non participant. S'il veut réintégrer le réseau public, c'est encore plus rapide. Il peut redevenir participant en huit jours.

«Il y a des médecins qui prévoient dans leur horaire de se désengager une partie du temps pour pratiquer dans le privé et de se réengager par la suite. Cette espèce de ping-pong, on veut régler ça», a dit M. Hébert.

Selon la Loi sur l'assurance maladie, le ministre peut en quelque sorte conscrire les médecins non participants dans le réseau public en leur interdisant d'émettre des factures aux patients pour des services assurés. Il peut recourir à cette mesure s'il estime que le nombre de médecins non participants «est trop considérable pour que les services assurés puissent continuer à être rendus selon des conditions uniformes».

«Si la situation l'exige, on ne se privera pas de cet outil. Mais on n'est pas là encore», a indiqué Réjean Hébert, ajoutant qu'il étudie «toutes les options possibles».




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