Les écoles de Montréal ne sont pas les seules à être aux prises avec des moisissures. La direction de l'hôpital Louis-H.Lafontaine a dû déménager du personnel administratif en raison de la mauvaise qualité de l'air.

Mis à jour le 20 mars 2013
Pascale Breton LA PRESSE

C'est le pavillon Bédard qui est principalement touché. Il n'accueille pas de patients, mais des employés de divers secteurs administratifs, notamment le comptoir postal. Vétuste et en état de décrépitude avancée, il a été construit il y a près d'un siècle, en 1917.

Des problèmes récurrents de drainage pluvial ont provoqué la formation de moisissures au sous-sol et au rez-de-chaussée. Des fuites s'échappent aussi du système de chauffage, vieux et inadéquat.

Le personnel s'est plaint de problèmes de santé au cours des dernières années. Au total, une trentaine d'employés ont été déplacés en novembre et en janvier. «À très court terme», aucun autre déménagement n'est prévu, explique Céline Morin, directrice des services administratifs et directrice adjointe de l'hôpital, devenu l'Institut universitaire de santé mentale de Montréal.

La situation évolue sans cesse et d'autres transferts ne sont toutefois pas exclus. Le taux d'humidité est mesuré régulièrement dans les sections les plus «sensibles». «Nous sommes proactifs. Nous n'attendons pas que la situation se dégrade et qu'il y ait des personnes malades avant d'agir. Nous faisons une surveillance toutes les semaines», affirme Mme Morin.

Construits dans les années 40 et 50, les autres pavillons de l'Institut, où sont hospitalisés les patients, ne posent pas de problème, affirme la direction.

Un rapport en 2010

Les problèmes de moisissures à Louis-H. Lafontaine ne datent pas d'hier. En 2010, une firme externe a mené une analyse détaillée dans tous les pavillons. À ce moment, la direction de la santé publique de Montréal a été impliquée.

«Le rapport a démontré qu'il n'y a pas une problématique de qualité de l'air généralisée. Les interventions à faire étaient localisées, ce qui a été fait», dit Mme Morin. Un local du pavillon Bédard est d'ailleurs condamné depuis près de trois ans maintenant. Depuis, d'autres secteurs du pavillon se sont ajoutés.

Le syndicat suit le dossier de près. «À une certaine période, une dizaine de personnes qui travaillaient principalement en ergothérapie, dans le pavillon Bédard, avaient été touchées», rappelle le vice-président du Syndicat des travailleurs de Louis-H. Lafontaine, Éric Clermont.

Actuellement, deux employés sont en arrêt de travail depuis plus d'un an.

Il faudra un coup de barre pour améliorer la situation, croit-il. «Il faut que les travaux se fassent», lance M. Clermont en ajoutant que «ça prend une action de Québec».

La direction de l'Institut prépare un dossier pour que l'agence de la santé et des services sociaux de Montréal fasse des démarches auprès du gouvernement. Les travaux à faire sont majeurs dans le pavillon Bédard. Même chose dans le pavillon Riel, qui est adjacent et qui date de 1920.

«On parle de plusieurs dizaines de millions de dollars», dit Céline Morin en évoquant une évaluation encore très sommaire.

L'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal analysera le dossier présenté par l'Institut, lequel s'inscrit plus largement dans le plan directeur des immobilisations, explique la porte-parole, Marie-Josée Thibert. Si une situation urgente qui touche la santé du personnel survient, des fonds pourraient toutefois être débloqués.