À en croire les dirigeants des établissements de santé du Québec, ce n'est pas demain la veille que le gouvernement pourra financer le réseau de la santé à la performance.

Mis à jour le 9 nov. 2012
Sara Champagne LA PRESSE

Le problème principal est l'absence de données dans l'ensemble des hôpitaux pour mesurer le nombre d'interventions et en évaluer les coûts selon la gravité de l'état des patients à soigner. C'est particulièrement vrai dans les soins qui ne nécessitent pas d'hospitalisation et ceux en santé mentale.

La coordonnatrice à la performance et à l'optimisation de l'agence de la santé et des services sociaux de Montréal, Alexandra Constant, a affirmé, hier lors d'un séminaire, qu'il ne fallait pas s'attendre à grand-chose avant au moins trois ans. «On a amorcé des travaux sur la question en janvier dernier. On avance à petits pas. Il est clair qu'il n'y aura pas de décision prise cette année», a-t-elle d'abord dit devant les gestionnaires membres de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS).

L'un des objectifs de l'agence est de parvenir à augmenter le volume des activités en santé tout en évitant les erreurs médicales. Le réseau doit aussi tenir compte de la «lourdeur» des cas, a-t-elle expliqué. À l'heure actuelle, Montréal essaie d'évaluer la trajectoire du patient en gériatrie, en pédiatrie et en dialyse rénale. Des projets-pilotes sont en cours au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM), ainsi qu'au Saguenay.

La directrice générale de l'AQESSS, Lise Denis, avait alerté l'ancien gouvernement, au printemps dernier, sur l'importance de financer le réseau à l'activité, à l'instar de l'Ontario et d'autres provinces, comme la Colombie-Britannique. Elle admet que le Québec affiche un important retard en la matière, notamment en raison du manque de données.

«Le secteur où l'on a le plus de données, c'est en chirurgie, mais ça s'arrête là, a-t-elle expliqué. C'est dommage, mais on n'a pas fait les investissements en la matière. On a du retard, mais ça demeure la voie à emprunter.»

En janvier prochain, un comité mandaté par l'ancien ministre des Finances Raymond Bachand doit déposer un rapport de faisabilité du paiement à l'activité. L'importance de bien connaître les coûts sera certainement au coeur des recommandations.