Le gouvernement du Québec déposera un projet de loi visant à interdire l'accès aux salons de bronzage au moins de 18 ans.

Gabrielle Duchaine LA PRESSE

La décision a été prise dans la foulée du dépôt de plusieurs pétitions regroupant 60 000 noms à la Chambre des communes et celle des recommandations de la Société canadienne du Cancer et de l'Association des dermatologistes du Québec.

«Les preuves scientifiques étaient là», indique l'attachée de presse du ministre de la Santé Yves Bolduc, Natacha Joncas-Boudreault. Celle-ci a confirmé mercredi soir à La Presse l'intention du gouvernement delégiférer dans cet épineux dossier. Radio-Canada venait d'en faire l'annonce sur ses ondes.

«C'est une très bonne nouvelle, se réjouit le porte-parole pour le Québec de la Société canadienne du Cancer (SCC), André Beaulieu. Les salons de bronzage sont dangereux pour tout le monde, mais on remarque que se sont les jeunes qui sont ciblés par le marketing alors c'est d'autant plus important qu'ils ne puissent pas y aller.» Selon lui, le fait de se faire dorer artificiellement la couenne, ne serait-ce qu'une fois par mois, augmente de 75% les risques de développer des mélanomes. «Et les jeunes ont la peau plus sensible», prévient-il.

Chez les propriétaires de salons de bronzage, la décision de Québec a eu l'effet d'une douche froide. «Au lieu de les interdire, est-ce que ça ne serait pas mieux d'exiger certains standards professionnels, demande le porte-parole de la Joint Canadian Tanning Association, Steve Gilroy. Ainsi, le gouvernement n'aurait pas besoin d'enlever le droit aux parents de décider eux-mêmes pour leurs enfants.»

Selon M Gilroy, les moins de 18 ans ne forment que 2 à 5% de la clientèle des salons de bronzage, sauf durant la période des bals de finissants, où ils sont plus nombreux. André Beaulieu parle plutôt de jusqu'à 11% de la clientèle totale. En tout, dit-il, 16% des femmes de 15 à 29 ans visitent une cabine de bronzage au moins 11 fois l'an.

En mars, la Commission parlementaire de la santé et des services sociaux a rendu un rapport qui recommandait l'imposition d'un âge minimal pour l'utilisation des lits de bronzage. La SCC, qui a témoigné dans le cadre des audiences, demandait aussi qu'un registre des salons de bronzage soit établi. «On ne sait pas combien il y en a. N'importe qui peut offrir ce service. Il faut que ça soit mieux encadré», martèle M Beaulieu.

Au Canada, l'accès aux cabines de bronzage est interdit aux mineurs en Nouvelle-Écosse et dans la ville de Victoria, en Colombie-Britannique.