Les fumeurs ont coupé de moitié le nombre de cigarettes qu'ils avaient l'habitude de griller quand ils vont dans un bar ou au restaurant depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les lieux publics, il y a 18 mois.

Publié le 18 nov. 2010
Sara Champagne LA PRESSE

Même que près d'un fumeur sur deux ne fume plus lors d'une sortie au restaurant, et ce, même à l'extérieur, révèle un rapport de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), dont les résultats ont été dévoilés jeudi.

 

Afin de parvenir à ces résultats, l'Institut a interrogé 2736 fumeurs ou anciens fumeurs récents (deux ans ou moins) du Québec lors de l'entrée en vigueur de l'interdiction, en 2006, et les a sondés de nouveau 18 mois plus tard. De façon générale, les chercheurs ont constaté que 8 fumeurs quotidiens sur 10 qui fumaient lors du premier sondage fumaient encore tous les jours un an et demi plus tard.

En fait, ces fumeurs quotidiens et occasionnels qui n'ont pas écrasé ont rapporté consommer le même nombre de cigarettes depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Là où il y a une nette diminution, c'est chez les fumeurs qui fréquentent les bars, qui rapportent y aller moins, et qui affirment que quand ils sortent, ils fument en moyenne 5 cigarettes au lieu de 11 par sortie.

Annie Montreuil, l'une des auteurs de l'étude et conseillère scientifique à l'INSPQ, affirme que les fumeurs interrogés n'ont par ailleurs pas diminué leur consommation à domicile ou dans leur véhicule. «C'est intéressant dans le sens qu'on appréhendait une hausse dans ces lieux où les enfants sont plus susceptibles de se retrouver», explique-t-elle. Elle précise qu'en raison de toutes les mesures décourageant la consommation de tabac, comme par exemple le remboursement des aides pharmacologiques, on ne peut pas tirer des conclusions quant à l'impact de la loi.

Ce rapport rendu public survient au même moment où Statistique Canada vient de publier des données sur un lien entre l'arrêt du tabagisme (entre 2000 et 2008) et la régression des maladies respiratoires comme l'asthme chez les jeunes. Ces données ont donné des arguments à la Société canadienne du cancer pour une révision de la loi sur le tabac afin d'interdire la fumée secondaire à l'intérieur des véhicules en présence d'enfants de moins de 16 ans. En Ontario et au Nouveau-Brunswick, cette interdiction de fumer à l'intérieur d'un véhicule prévaut déjà.

Le rapport de l'INSPQ n'a pas sondé les gens sur leurs habitudes de consommation à bord d'un véhicule lors de l'entrée en vigueur de la loi en 2006, mais 30% d'entre eux ont dit interdire totalement de fumer dans leur propre véhicule.