Des regroupements de médecins préoccupés par la santé publique ont accentué mercredi la pression sur le gouvernement québécois, qui étudie la possibilité de soutenir financièrement la relance d'une mine d'amiante.

LA PRESSE CANADIENNE

L'Association médicale québécoise, qui regroupe plus de 9500 omnipraticiens, spécialistes, résidents et étudiants en médecine, a soutenu que le premier ministre Jean Charest ne doit pas accorder une garantie de prêt de 58 millions $ demandée par la mine Jeffrey, d'Asbestos.

Selon l'AMQ, il est inacceptable de continuer à extraire et exporter l'amiante, un produit reconnu pour ses risques cancérigènes.

«Il est clair pour l'AMQ qu'il est d'intérêt public que le gouvernement n'accorde pas la garantie de prêt de 58 millions $ à la mine Jeffrey», a déclaré dans un communiqué le président de l'association, le docteur Jean-François Lajoie.

En plus de s'opposer à ce soutien financier, l'Association médicale canadienne, la Société nationale des spécialistes pour la médecine communautaire et l'Association canadienne de santé publique ont quant à elles demandé aux gouvernements fédéral et provincial d'arrêter l'extraction de l'amiante et d'en interdire l'exportation.

Selon les trois regroupements, les exportations canadiennes, provenant essentiellement de deux mines québécoises, sont destinées principalement à des pays en développement, comme l'Inde, où les règles de santé et sécurité sont pratiquement inapplicables.

«Il est inconcevable que l'on restreigne l'utilisation de l'amiante dans notre propre pays mais que l'on continue d'exporter ce produit dangereux dans le monde entier», a déclaré dans un communiqué Anne Doig, présidente de l'AMC.

Le gouvernement québécois affirme qu'il est possible d'utiliser l'amiante de manière sécuritaire. Son soutien financier à la mine Jeffrey est conditionnel à la mise en place d'une vérification annuelle du respect des normes d'utilisation auprès de ses clients étrangers.

Mardi, la Société canadienne du cancer s'est aussi opposée au soutien du gouvernement à la relance de la mine.