«Même si la question salariale est réglée, le problème reste entier», estime la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, qui représente 58 000 professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires. En entrevue avec La Presse, hier après-midi, elle a soutenu qu'il n'y a aucune ouverture de la part du gouvernement pour régler le problème de pénurie d'infirmières et mettre fin au recours aux agences privées en soins.

Sara Champagne LA PRESSE

«Si on prend les agences, par exemple, on a présenté le modèle ontarien, explique Mme Laurent. Mais le gouvernement ne veut même pas émettre une directive ministérielle aux hôpitaux. On a participé à des comités depuis 2001, mais rien n'en ressort. C'est donc assez froid ces temps-ci. On a un médiateur qui use d'imagination pour ouvrir les discussions. Mais ce n'est pas évident.»

Interrogé hier, le premier ministre Jean Charest s'est de son côté montré plus confiant en précisant que dans l'entente salariale annoncée «il y a 20% d'infirmières qui sont représentées par la CSN et la CSQ, donc, pour qui une entente intervient».

«Ça nous met dans une situation où le verre est plein à 90%, là, pour nous, a ajouté le premier ministre du Québec. Maintenant, nous souhaitons retourner à la table le plus rapidement possible. Et on va le faire dans le même esprit de respect et de bonne volonté que pour l'ensemble des négociations. Alors, le plus vite on peut revenir à la table, le mieux ce sera pour tout le monde. Et on va travailler très fort pour conclure une entente avec la FIQ.»

De son côté, Monique Gagnon-Tremblay, présidente du Conseil du Trésor, a expliqué qu'elle et le ministre de la Santé, le Dr Yves Bolduc, souhaitent que la FIQ revienne à la table. «À l'heure actuelle, a-t-elle dit, il ne reste que la FIQ qui n'a pas encore signé d'entente sectorielle pour en arriver à un règlement global avec l'ensemble du front commun.»

Selon elle, les ententes de principe conclues avec «ses collègues de la Santé et de l'Éducation aux tables sectorielles comportent des améliorations aux conditions de travail et contribuent à l'attraction et la rétention de la main-d'oeuvre dans le but d'améliorer la qualité des services.» Le ministre Bolduc n'a pas réagi directement aux négociations, occupé qu'il était en point de presse à annoncer les nouvelles mesures pour le prix des médicaments génériques au Québec.

- En collaboration avec Tommy Chouinard