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Le syndrome Jean-Pierre Ferland

À la suite de son malaise le 26... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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À la suite de son malaise le 26 octobre 2006, Jean-Pierre Ferland a fait le tour des trois hôpitaux du CHUM en 24 heures.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

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«J'étais dans le hall de l'hôtel et j'ai senti une faiblesse totale. La moitié de mon corps était paralysée. Je suis tombé à genoux.»

C'était le 12 octobre 2006. Jean-Pierre Ferland devait donner le dernier spectacle de sa vie le lendemain au Centre Bell. Il était tendu comme une corde. Trop. Il s'est effondré.

 

«On m'a étendu sur un lit, a-t-il raconté trois ans plus tard. Je n'avais plus de force dans la jambe et le bras. J'ai dit à mon chauffeur: «Amène-moi à Saint-Luc.»»

Jean-Pierre Ferland ne se doutait pas qu'il ferait le tour des trois hôpitaux du CHUM en 24 heures: d'abord Saint-Luc, puis Notre-Dame et, enfin, l'Hôtel-Dieu.

«Ferland a fait les trois hôpitaux, explique la Dre X. C'est ce que vivent plusieurs de mes patients. Les médecins appellent ça le syndrome Jean-Pierre Ferland.»

À Saint-Luc, Ferland subit une batterie de tests. Diagnostic: la carotide, l'artère qui conduit le sang du coeur à la tête, est bloquée à 80%. La cigarette. Ferland a passé sa vie à fumer.

Beau cas pour la neurologie. Sauf que la neurologie est à Notre-Dame. Jean-Pierre Ferland est donc transféré. En ambulance. Nouveaux examens, nouveau diagnostic. «J'avais le choix, raconte Ferland. On dilatait l'artère ou on m'opérait. J'ai choisi l'opération.»

Beau cas pour la cardiologie. Sauf que la cardiologie est à l'Hôtel-Dieu. Nouveau transfert en ambulance. «J'étais dans les vapes, dit Ferland. Je vous avoue que j'en ai perdu des bouts, mais j'ai l'impression d'avoir passé mon temps aux urgences.»

Les médecins ont été «extraordinaires», tient-il à souligner.

Par contre, l'état délabré des hôpitaux l'a renversé.

«Les médecins doivent quasiment se mettre en salopette pour travailler, dit-il. Un coup de marteau, un coup de pioche et un coup de bistouri. On n'irait pas manger dans un restaurant en réparation. C'est tellement en mauvais état! C'est épouvantable! Tu as l'impression d'entrer dans une maladie. Je trouve que les médecins font pitié. Je les plains.»

Le pire, poursuit-il, c'est Saint-Luc. «Quand j'ouvre une porte, je fais ça.» Et il tire sur la manche de sa chemise pour couvrir sa main. Pas question de toucher à une poignée. En un an, il a attrapé deux gastroentérites.

«À Notre-Dame, ils ont déménagé le bureau de mon médecin dans le sous-sol, à côté de la cafétéria. Ça sent le diable!»

Jean-Pierre Ferland a retrouvé la forme. Il a cessé de fumer. Mais en l'examinant sous toutes les coutures, les médecins lui ont trouvé de nouveaux bobos. Rien de grave. Aujourd'hui, il doit se rendre régulièrement à Saint-Luc pour des examens de routine, son état général est ausculté à Notre-Dame trois ou quatre fois par année et le chirurgien qui l'a opéré est à l'Hôtel-Dieu. Le grand écartèlement.

 




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