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Vers une pandémie?

La directrice-générale de l'OMS, Margaret Chan.... (Photo Associated Press)

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La directrice-générale de l'OMS, Margaret Chan.

Photo Associated Press

Ce qui avait commencé avec quelques morts mystérieuses au Mexique fait maintenant trembler le monde entier.

La grippe porcine, qui a tué 20 personnes jusqu'ici, pourrait devenir une pandémie, a averti hier l'Organisation mondiale de la santé (OMS), tandis que de nouveaux cas du virus étaient confirmés aux États-Unis.

Plus de 1300 personnes auraient contracté la mystérieuse maladie, selon le dernier bilan des autorités mexicaines. On confirme que le virus a tué 20 personnes et pourrait être responsable d'au moins 60 autres morts suspectes.

La grippe porcine «a clairement un potentiel pandémique», a prévenu à Genève la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan. Elle s'est aussi inquiétée de l'évolution «imprévisible» de la maladie.

Les autorités américaines ont confirmé hier que le virus avait traversé la frontière. Au moins 11 Américains ont contracté le virus, des résidants de la Californie, du Texas et du Kansas. Toutes les victimes ont guéri, sauf une qui est toujours malade.

Huit élèves d'une école secondaire privée de New York sont également considérés comme des cas suspects. Ils ont été placés en isolement, après avoir développé une maladie étrange en revenant d'un voyage au Mexique.

Tous ces cas pourraient n'être que la pointe de l'iceberg, estime le Dr Karl Weiss, infectiologue à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont. «Probablement que le nombre de cas déclaré est très en dessous de la réalité parce qu'il y a des zones rurales où il y a très peu d'accès aux soins de santé», explique-t-il.

Mesures draconiennes

Le gouvernement mexicain a décrété des mesures draconiennes pour freiner la progression de la maladie. Des travailleurs ont distribué des masques chirurgicaux dans le métro. Les écoles, les universités, les musées, les théâtres ont été fermés. Même que deux matchs de soccer professionnels seront disputés à huis clos.

Résultat: Mexico s'est réveillé hier dans un calme rare. «C'est un jour de congé: les rues devraient être bondées mais elles sont anormalement tranquilles, a raconté à La Presse Ariane Diaz, jointe dans la capitale mexicaine. Les gens sont restés chez eux. Ils ne veulent pas sortir.»

Plusieurs bars et restaurants de la métropole de 25 millions d'habitants ont décidé de ne pas ouvrir leurs portes, hier. La circulation automobile a été réduite au strict minimum. Le gouvernement a conseillé à la population d'éviter d'emprunter les transports collectifs.

«On sent que la population a peur et que petit à petit, la panique est en train de gagner la ville, indique Edilberto Samaro, journaliste au quotidien El Universal. C'est la première fois qu'il se passe quelque chose du genre ici.»

Les Québécois préoccupés

La situation est moins dramatique chez nous, mais l'éclosion de la grippe porcine inquiète plusieurs Québécois. Surtout ceux qui planifient un voyage au Mexique.

«Je ne suis pas très inquiète, mais ma famille l'est beaucoup», a confié Solène d'Anjou, qui visitera bientôt un ami à Mexico.

La Presse a rencontré la jeune femme à la Clinique du voyageur, qui fournit vaccins et traitements médicaux à ceux qui partent à l'étranger. L'établissement commence lui aussi à ressentir les effets de la grippe porcine: il faut attendre trois semaines avant d'y obtenir un rendez-vous.

Depuis trois jours, explique la coordonnatrice de la Clinique, Marie-Claude Cuerrier, le téléphone ne dérougit plus. Plus de 200 personnes ont appelé dans la seule journée de vendredi afin d'en savoir davantage sur les risques liés à la grippe porcine.

«C'est habituellement une période où notre clientèle commence à diminuer parce que les gens voyagent moins, explique Mme Cuerrier. Mais là, boum, les gens sont très inquiets et cherchent de l'information.»

La grippe porcine ne devrait pas empêcher Solène d'Anjou de se rendre à Mexico, à moins que la situation ne dégénère. Chose certaine, elle tentera de connaître les précautions à prendre au cours des prochains jours.

«Je veux juste prendre les mesures, a-t-elle indiqué. Mais on n'est pas très bien informés.»

Prévention

Les gouvernements fédéral et provincial sont en mode prévention. À l'aéroport de Québec, les douaniers ont notamment interrogé les passagers du vol en provenance de Cancún pour savoir s'ils présentaient des symptômes de la grippe, s'ils avaient de la fièvre ou s'ils toussaient.

Québec a placé tous ses hôpitaux et cliniques en mode de «veille active» afin de détecter et isoler les patients qui présentent des symptômes suspects. L'hôpital Lakeshore, dans l'ouest de l'île de Montréal, a d'ailleurs placé deux patients en quarantaine hier, et en a relâché un après avoir conclu qu'il n'avait pas la grippe porcine.

La porte-parole du ministère de la Santé, Karine White, n'a toutefois pas été en mesure de préciser les mesures adoptées par les autorités de santé publique. Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, ne s'est pas rendu disponible pour une entrevue avec La Presse. Il a toutefois déclaré à certains médias télévisés que son gouvernement prend la situation «très au sérieux».




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