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Pénurie d'isotopes: délais de traitement au Québec

Le gouvernement Harper a abandonné la construction de... (Photo: Reuters)

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Le gouvernement Harper a abandonné la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires qui devaient remplacer ceux, désuets, de Chalk River.

Photo: Reuters

Une pénurie mondiale d'isotopes radioactifs entraîne temporairement des modifications dans les délais de traitement en médecine nucléaire dans les hôpitaux québécois. Même si la situation devrait rentrer dans l'ordre d'ici dimanche, cette minicrise est la première d'une longue série, selon des spécialistes.

Les isotopes radioactifs sont utilisés en médecine pour diagnostiquer et parfois traiter des maladies cardiaques et certains cancers. Les stocks d'isotopes radioactifs sont actuellement très bas au pays.

Deux raisons expliquent cette pénurie, qui touche également d'autres pays. Des réacteurs nucléaires des Pays-Bas sont actuellement fermés. Et le réacteur canadien de la centrale de Chalk River, qui fournit plus de la moitié des isotopes radioactifs du monde, a été fermé plus longtemps que prévu au début du mois.

Le réacteur devait être fermé pendant cinq jours pour des travaux d'entretien. Il a finalement été fermé sept jours à cause de difficultés techniques imprévues. Énergie atomique du Canada (EACL) qui gère la centrale de Chalk River dit avoir produit des isotopes supplémentaires le mois dernier pour éviter la pénurie durant les travaux. Mais le réacteur n'a été remis en activité que jeudi dernier. L'inventaire d'isotopes ne sera complètement rétabli que dimanche prochain, selon l'Association canadienne de médecine nucléaire (ACMN).

Pendant ce temps, les hôpitaux vivent une baisse d'approvisionnement. Le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) ne peut traiter que les cas urgents. «Des cas sont reportés. Mais on prévoit que la situation reviendra à la normale d'ici la fin de la semaine», mentionne la porte-parole du CHUM, Lucie Dufresne.

À l'Institut de cardiologie de Montréal, des rendez-vous ont été devancés pour pallier le manque d'isotopes. «On avait prévu avoir une baisse d'isotopes en début de semaine. On a donc devancé des rendez-vous, mais on n'a pas reporté de cas», mentionne le chef du département de médecine nucléaire à l'Institut, le Dr Jean Grégoire. Selon le Dr Grégoire, cet incident montre l'urgence de revoir la production mondiale d'isotopes médicaux. «Tous les réacteurs nucléaires du monde sont vieux. Des entretiens de réacteurs qui se prolongent, il va y en avoir de plus en plus», dit le Dr Grégoire. Les pénuries d'isotopes pourraient donc être bien plus fréquentes.

Le président de l'ACMN, le Dr Jean-Luc Urbain, est du même avis. Il rappelle que cet été, le gouvernement Harper a abandonné la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires (Maple 1 et 2), qui devaient remplacer ceux, désuets, de Chalk River. «Le Canada a un savoir-faire phénoménal en médecine nucléaire, mais il le laisse aller. En Asie, la médecine nucléaire connaît une hausse phénoménale. On pourrait être un chef de file là-dedans. Mais le gouvernement a décidé d'abandonner la production d'isotopes médicaux», dénonce le Dr Urbain.




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