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Plaidoyer Couillard: «Hypocrisie» et «tartufferie», dénonce le milieu de la santé

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Après cinq ans à la tête du ministère de la Santé, le diagnostic de Philippe Couillard sur la performance du réseau est sévère.

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

Katia Gagnon
La Presse

Les intervenants du milieu de la santé manquaient de mots, hier, pour dénoncer le plaidoyer pour le privé prononcé mardi par Philippe Couillard devant une assemblée d'assureurs. «Hypocrisie», «tartufferie», «trahison»: l'ex-ministre a réussi l'exploit d'unir les syndicats et les médecins dans une semblable indignation.

La FTQ s'est empressée de dénoncer «la tartufferie de cet ex-ministre de la Santé qui jurait, la main sur le coeur, de sauver le système public», a déclaré le président, Michel Arsenault. «Le chat sort du sac. M. Couillard s'est littéralement préparé un plan d'affaires alors même qu'il faisait partie du gouvernement. Il s'est créé de toutes pièces des conditions de travail dans le privé tout en occupant la plus haute charge publique en santé. Pendant cinq ans, le colonel Sanders tenait le poulailler.»

 

«Ça tranche radicalement avec les propos qu'il a toujours tenus comme ministre», renchérit la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau. «C'est proprement scandaleux et ça le place manifestement en conflit d'intérêts.»

Ces propos démontrent la pertinence du recours juridique intenté par les deux centrales syndicales contre la loi 33, qui ouvre au privé la possibilité de réaliser certaines opérations chirurgicales autrefois réservées au public. «Le gouvernement doit se dissocier de ces propos et agir, suspendre la loi 33 jusqu'à ce que la cour se prononce», estime Mme Carbonneau.

L'actuel ministre de la Santé, Yves Bolduc, ne voit pas les choses du même oeil. «M. Couillard a quitté la vie politique. Maintenant, il a droit à ses avis personnels. Ma position et celle du gouvernement demeurent la même. C'est-à-dire un système de santé public très fort, avec contribution du privé. Ce qu'on veut, c'est que tout ce qui est privé soit encadré pour une question de qualité et de sécurité. Donc, la position que j'ai lue dans les différents journaux ce matin ne change pas du tout notre position actuelle», a déclaré le ministre. Yves Bolduc estime que son prédécesseur «préconise encore un encadrement au niveau du privé. C'est clair. Il dit qu'il faut que ce soit réglementé, encadré».

Les médecins sursautent

Les médecins ont eux aussi sursauté en prenant connaissance des déclarations de Philippe Couillard devant les membres de l'Institut canadien de la retraite et des avantages sociaux. «Disons qu'on est passé d'un extrême à l'autre. Ce qui m'étonne, c'est que je n'avais jamais entendu ce discours-là de sa part. En public ou en privé», souligne le Dr Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes. «Il va très loin», ajoute-t-il.

Les propos de M. Couillard sur l'autonomie professionnelle des médecins, qu'il faudrait, selon lui, revoir, ont particulièrement hérissé M. Barrette. «L'autonomie professionnelle, ça n'est même pas un point de discussion. Ce serait la guerre civile. Ce serait placer la médecine à la solde des entrepreneurs», tranche-t-il.

Il est vrai que Philippe Couillard, lorsqu'il était à la tête du ministère de la Santé, avait un discours un peu différent des propos tenus hier devant plusieurs dizaines de représentants du milieu de l'assurance.

«Quelles seraient les conséquences sociales d'ouvrir l'assurance privée à l'ensemble du système de santé? Il est absolument hors de question qu'on fasse cela. Ce n'est pas un calcul stratégique, c'est une affirmation de valeurs. La valeur, c'est qu'on croit à un système public financé par l'État», martelait le ministre après la sortie du rapport piloté par Claude Castonguay.

Du même souffle, le ministre rejetait l'idée de décloisonner la pratique médicale, afin de permettre aux médecins de pratiquer à la fois dans le secteur public et dans le privé. «Ce serait de l'irresponsabilité si on faisait ça maintenant avec la pénurie d'effectifs», affirmait-il.

Quant à la loi 33, que le ministre a fait adopter quelque temps avant son départ, loi qui autorise les cliniques privées à pratiquer toute une série d'actes chirurgicaux, «le but de la loi n'est pas de développer un marché pour le privé. C'est tout le contraire: c'est favoriser l'accès aux services médicaux en assistant le système public».

 




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