Mylène Paquette est la première Nord-Américaine à avoir traversé l'Atlantique à la rame. La Québécoise a réussi son exploit en 129 jours sur un océan peu conciliant. La jeune femme est notre Personnalité de la semaine.

Mis à jour le 18 nov. 2013
Martin Beauséjour LA PRESSE

Après 129 jours en mer, sept tempêtes, bien des pépins et des blessures, Mylène Paquette est en pleine forme. «Les médecins m'ont fait passer une batterie de tests, confie-t-elle. Ils me disent que je suis en bonne santé. J'ai même vu une psychologue et elle aussi trouve que je vais bien.»

La jeune femme se sent d'attaque pour la suite: des conférences et l'écriture d'un livre. Elle mijote déjà son prochain «projet». «Ça fait cinq ans que ma vie est faite d'aventures», souligne-t-elle.

Se battre

Dans une autre vie, Mylène Paquette était préposée auprès des jeunes patients du CHU Sainte-Justine. Elle y est restée neuf ans. Jusqu'au jour où une discussion avec une patiente, aujourd'hui morte, a tout changé.

«C'était une adolescente qui n'avait pas la langue dans sa poche, se souvient la jeune femme. Je venais de lui dire de ne pas lâcher, de poursuivre son combat. C'est là qu'elle m'a dit: «Toi, tu ne sais pas ce que ça veut dire, se battre.» Et elle avait raison. J'ai réalisé que ces enfants malades avaient une force incroyable, et une immense sagesse. Plusieurs d'entre eux rassuraient souvent leurs propres parents. C'est à cet instant que j'ai décidé d'affronter mes peurs, de les apprivoiser et de les vaincre, avant que ce soient elles qui me trouvent.»

Même si Mylène Paquette sait nager, «mais pas de façon élégante», précise-t-elle en riant, elle avait peur de l'eau. Après quelques mois de recherche et un flirt avec la voile, la jeune femme a découvert la rame océanique, une discipline aussi originale que méconnue. «Dès que j'ai vu une photo du bateau, j'ai su que c'était ce que j'allais faire», ajoute-t-elle.

Elle s'est rendue en Angleterre afin de suivre une formation de navigation complète, avant de traverser l'Atlantique, entre la Barbade et le Maroc, avec cinq coéquipiers, en 2010.

Louanger l'océan

La jeune femme, ambassadrice du fleuve Saint-Laurent pour la Fondation David Suzuki, veut maintenant partager son expérience, ses découvertes et ses souvenirs.

Dans un message publié sur son blogue tout juste avant son arrivée, Mylène Paquette s'est adressée à l'océan, et lui a promis «de louanger sa beauté, sa discipline, ses couleurs, ses habitants». «C'est pour moi une responsabilité», affirme-t-elle.

La jeune femme se préparait à aller faire le ménage de son bateau, une tâche qui la rendait fébrile. «J'ai hâte de le revoir. Depuis que je suis arrivée, je ne suis retournée dessus qu'une seule fois, pour pleurer. La séparation était trop difficile. Mais maintenant, je suis prête. Faire le ménage de mon bateau va m'aider à fermer, à conclure ce volet de ma vie qu'a été cette traversée.»

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