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Louis Lavigueur

Louis Lavigueur... (Photo: Martin Chamberland, La Presse)

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Louis Lavigueur

Photo: Martin Chamberland, La Presse

 

Anne Richer
La Presse

Afin de souligner dignement le 35e anniversaire de l'Orchestre symphonique des jeunes de Montréal et la 25e saison de son chef et directeur artistique, le maestro Louis Lavigueur, on a convié les mélomanes à entendre la deuxième Symphonie de Gustav Mahler. Tous les jeunes musiciens, les choristes, ceux que Louis Lavigueur dirige et inspire, étaient là. La Presse et Radio-Canada soulignent la carrière impressionnante du maestro, musicien, chef d'orchestre et pédagogue en le nommant Personnalité de la semaine.

Ils étaient 120 musiciens de 13 à 25 ans présents sur la scène de la salle Maisonneuve de la Place des Arts. L'hommage rendu au chef par l'orchestre et le public ressemblait à une histoire d'amour, un fil tendu mais réel entre Mahler, le chef d'orchestre, des musiciens de talent et de coeur et un public qui tendait une oreille réjouie.

Au fil des ans, on a rarement vu M. Lavigueur sous les projecteurs, affichant son brio, son mystère, son charme à la manière des maestros un peu partout ailleurs, conscients d'appartenir à un groupe à part. Il est plutôt jovial, rieur, primesautier. Évidemment, la redingote noire, stricte, confère un certain panache. «Omniprésent, exact et souple, presque aussi danseur que chef...» assure le critique musical Claude Gingras de La Presse, qui l'a toujours considéré et reconnu comme «un excellent chef d'orchestre».

Leader et rassembleur

La coquetterie du maestro, s'il en est une, est ailleurs: parler, expliquer, raconter. Sur scène, au moment d'un concert, le pédagogue en lui s'exprime. «On ne peut pas se cacher que la musique classique plaît généralement à un public d'un certain âge. L'Orchestre des jeunes qui peut interpréter des oeuvres de haut niveau, au-delà des talents qui s'y révèlent, doit aussi promouvoir la culture musicale, attirer un public jeune.» Il admet qu'il doit s'attaquer à des préjugés tenaces, notamment celui selon lequel la musique classique n'appartient qu'à une élite.

Chef titulaire de l'orchestre du Conservatoire de musique de Montréal, professeur de direction d'orchestre et de choeur, on ne compte plus ses initiatives de leader, de rassembleur musical: l'Ensemble Sinfonia de Montréal, l'Ensemble vocal polymnie de Longueuil, le Choeur Polyphonique de Montréal, le Choeur du Conservatoire de musique de Montréal, les groupes musicaux qui existent et ceux qui les ont précédés. On se souvient qu'il a aussi dirigé les orchestres et les choeurs du programme de musique de l'école secondaire Pierre-Laporte de 1985 à 2009. Son répertoire comprend aussi bien les musiques d'orchestre que celles des chorales. «Lorsque je choisis une oeuvre, je tiens compte de sa difficulté, de l'intérêt qu'elle peut avoir pour l'ensemble du public et de son attrait de nouveauté.»

En soutenant de jeunes Québécois talentueux, il contribue à former une relève dont la qualité est confirmée par la carrière de certains anciens élèves en musique, un peu partout dans le monde.

Une tête en musique

«La grande musique exige de la rigueur, de la discipline, un goût de l'excellence. Les jeunes musiciens sont toujours prêts à affronter des défis. Avec cette passion qui les anime, qui remplit leur vie, les problèmes que l'on rencontre chez une certaine jeunesse n'existent pas.» Il a vécu avec ces jeunes, au cours de tournées à l'étranger, l'esprit d'équipe qui les anime.

Il a tellement d'oeuvres, tellement de directions à assumer, de sens à donner, de missions à réaliser, d'auditions, de conseils d'administration, de papiers à remplir! L'énergie de Louis Lavigueur est surprenante. Une jeunesse de silhouette modelée par le cardiovasculaire régulier en salle, mais surtout, dit-il en appuyant son index sur son front, «par un bon équilibre ici». Téméraire, voire audacieux, il n'y a pas de limite aux défis qu'il propose aux jeunes musiciens. Et bien que ces derniers soient des semi-professionnels, le souci de leur chef est de leur donner pleine confiance en eux-mêmes.

Son horaire est surchargé. Le seul moyen pour lui de s'en sortir est d'avoir un «certain» ordre dans ses dossiers, de nourrir sept valises noires aux dossiers divers. «Je pars avec mes valises le matin. Car je suis brouillon de nature, dit-il en riant. Ma femme vous le confirmera.» Et pour faire le vide de sons, celui qui «pense» en musique se met à cuisiner lorsqu'il rentre chez lui.

Né à Québec, il a commencé à chanter dans une chorale à 7 ans. «J'étais un très beau soprano», déclare-t-il malicieusement. Les événements au cours de ses études au collège des Jésuites, à l'Université Laval et ailleurs se sont imbriqués pour confirmer sa vocation de musicien.

Il a la foi. Son répertoire choral est composé à 80% de chants religieux. «Je côtoie des chefs-d'oeuvre et des génies qui nous ont laissé des traces de leur émotion, de leur âme et aussi de leur culture. Il y a une part de divin dans la musique, certains moments de plénitude. Elle est l'essence de l'humain.»

La grande musique exige de la rigueur, de la discipline, un goût de l'excellence. Les jeunes musiciens sont toujours prêts à affronter des défis.

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