Certaines personnes se plaignent de n'avoir jamais assez de temps pour faire tout ce qu'elles rêvent de faire. Richard Blain parvient à étirer ce temps rare pour apporter son aide là où on a besoin de lui, et là où ses compétences peuvent être le plus utiles. La Presse et Radio-Canada, en cette période de festivités et de générosité, donnent à cet authentique modèle d'engagement social le titre de Personnalité de la semaine.

Anne Richer LA PRESSE

Le 2 décembre dernier, il a été nommé bénévole émérite de la Fondation du maire de Montréal pour la jeunesse et s'est vu accorder le prix du Maire 2010. Cette récompense souligne sa contribution exceptionnelle à la Fondation où il agit à titre de mentor. On le trouve également au conseil d'administration de Moisson Montréal, plus grande banque alimentaire du pays. Richard Blain, associé au cabinet conseil du Groupe SECOR, n'hésite pas à partager son expérience, à donner de son temps. On l'a même vu mettre la main à la pâte et faire le tri des provisions qui devaient garnir les paniers de Noël offerts par Moisson!

Recevoir et donner

On ne compte plus les conseils d'administration auxquels il a siégé. Ni les entreprises commerciales auxquelles il a apporté ses conseils, notamment en gestion des ressources humaines, en gestion des opérations et en finance. Il donne des cours à HEC Montréal, ainsi que des conférences. Tout cela dans le cadre de ses fonctions, ou en parallèle. Alors qu'il participait à une réunion d'experts de haut niveau lors d'une conférence organisée par la Fondation du maire sur le thème Comment faire face au ralentissement économique, il a immédiatement compris les besoins de la Fondation et a offert ses services bénévolement.

«J'ai adopté la cause», dit-il, enthousiaste, pour expliquer sa mission au sein de la Fondation. Celle-ci ne fait pas exception aux défis que doivent affronter les entrepreneurs d'aujourd'hui. Selon Richard Blain, il n'existe pas de recette unique. «On doit tenter le plus possible d'éviter les erreurs de parcours, être éclairé, persévérer.» Les entreprises, explique-t-il, ont fait face à une crise économique qui a laissé des séquelles; à la mondialisation, aux mises à pied et fermetures d'usines, aux déménagements de sièges sociaux. «Il faut un filet social et rendre les services plus efficaces.»

Ce n'est pas tout de donner des explications, des conseils, il faut être là, sur place, pour rendre la parole plus efficace. «C'est du temps qu'il faut donner. Combiner les activités professionnelles et familiales, celles de l'engagement social, demande un minimum d'organisation.» Mais, ajoute-t-il, «lorsqu'on aime ce que l'on fait, c'est comme un loisir, c'est naturel».

Politique?

«La générosité des gens m'émeut.» Un de ses amis qui siégeait au conseil d'administration de Moisson Montréal l'a invité à se joindre à l'équipe. «En trois ans, j'ai constaté l'augmentation de la misère.» On le sait, il n'hésite pas à quitter le piédestal pour faire sa part. «Je constate sans arrêt que plus on accomplit ces tâches avec aisance et plaisir, plus on est efficace.»

Son cheminement professionnel est atypique, en ce sens qu'il n'a pas eu de véritable modèle entrepreneurial, du moins dans sa famille. Cependant, des éléments ont contribué à sa connaissance du monde. Point de départ: Brossard, études dans une polyvalente publique, cégep. De nombreux déménagements, notamment en Afrique. «Cela m'a ouvert l'esprit sur d'autres cultures.» Il ne savait pas encore ce qu'il voulait entreprendre comme carrière. Par la suite, il termine un baccalauréat en administration des affaires à l'UQAM. «Devant une cohorte de 2500 diplômés, je me suis demandé ce que je devais faire pour me démarquer.» Actif dans les associations étudiantes, soutenues par les projets, il visite l'Europe. «Pour étudier comment ça se passe. Les bonnes idées viennent souvent d'ailleurs. Mes observations m'ont donné une vision plus réelle de la société.» C'est aussi là qu'il prend le goût à la politique sans vraiment s'y engager. «J'en ai fait à l'université.» Et puis les défis ne lui font pas peur.

À 46 ans, Richard Blain est père de deux adolescents, bons dans les sports, dit-il, et avec qui il a fait quelques voyages de ski alpin. C'est dans ces moments de grâce qu'il entretient son goût pour le bonheur qui se répercute sur tout ce qu'il fait. Y compris le plaisir qu'il a à donner aux autres à travers ses activités bénévoles. Philosophe, il conclut: «Aider son prochain, ça ne doit pas être compliqué.»