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Marcel Aubut

Marcel Aubut... (Photo: David Boily, La Presse)

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Marcel Aubut

Photo: David Boily, La Presse

Hugo Fontaine
La Presse

À 29 ans, Jean Lesage lui confiait la présidence d'un club de hockey professionnel dont il allait tenir les rênes pendant plus de 15 ans. Trois décennies après avoir pris en charge les Nordiques de Québec, Marcel Aubut consacrera les prochaines années de sa vie au sport amateur. Son accession à la présidence du Comité olympique canadien est la suite logique d'une carrière de dévouement et de passion pour le sport, et surtout pour les athlètes.

C'était le 28 mars dernier à Vancouver, la ville hôtesse des prochains Jeux olympiques d'hiver. C'est jour d'élection à la présidence du Comité olympique canadien (COC). Jamais un francophone n'a accédé à ce poste. Le résultat créera le précédent: Marcel Aubut recueille 62% des votes.

 

Débordant d'ambition pour le COC, motivé au possible pour redorer le blason olympique canadien, Marcel Aubut entend aller au bout de ses forces, «pousser la machine à l'extrême pour atteindre des résultats insoupçonnés», peut-on lire en conclusion de son document de campagne. À voir son parcours jalonné de réussites, il faut bien le croire.

Pour sa passion du sport, pour son engagement envers les athlètes, pour sa détermination à gagner ses batailles, La Presse et Radio-Canada nomment Marcel Aubut Personnalité de la semaine.

La victoire du travail

Marcel Aubut, c'est l'arrivée des Nordiques dans la Ligue nationale de hockey. C'est l'organisation de la venue des frères Stastny à Québec. C'est Rendez-vous 87 dans la Vieille Capitale, où les meilleurs joueurs de l'URSS ont affronté les étoiles de la LNH.

Mais c'est bien d'autres réalisations. Sa notice biographique compte 29 pages. Il n'en demeure pas moins que son élection à la tête du COC est pour lui une réussite à classer dans le haut de la liste.

«Il y avait tant d'embûches et de difficultés à gagner cette course à Vancouver, contre une opposante de très gros calibre (Tricia Smith), dans le contexte où le comité organisateur des Jeux était contre moi, raconte le nouveau président. Il n'y avait pas de terrain plus dynamité que celui-là.»

«Mon plus grand handicap, ce n'était pas sur le plan des réalisations, ajoute-t-il. C'est que les gens ne connaissaient pas l'homme, l'individu.»

Qu'à cela ne tienne, Marcel Aubut a fait comme il a toujours fait pour atteindre ses objectifs: il a travaillé. Il a fait le tour du pays et le tour des fédérations sportives pour aller se présenter. Et il a gagné. «Le plus gros précédent, encore plus que d'être le premier francophone, c'est d'avoir été élu même si je ne suis pas du monde olympique.»

Amoureux des athlètes

Marcel Aubut a toujours été un passionné du sport. «C'est sûrement de naissance, dit-il. J'ai toujours voulu pratiquer tous les sports, mais je n'étais bon à aucun. J'aimais les sports d'équipe, être avec les autres. Surtout, j'aimais gagner.»

Puis il est devenu «un amoureux des athlètes, tant les professionnels que les amateurs». Plus connu pour son engagement envers les premiers, il a toujours soutenu les seconds, d'autant plus qu'ils avaient peu de moyens.

«Je me suis servi des Nordiques pour les aider et leur donner de la visibilité», rappelle-t-il. Par exemple, il invitait des athlètes amateurs à procéder à la mise en jeu protocolaire lors de matchs télévisés. La mise sur pied de la Fondation Nordiques, après le départ de l'équipe vers Denver, a permis et permet encore d'aider les athlètes amateurs.

Si M. Aubut voulait la présidence du COC, c'est justement pour eux. «La seule raison pour laquelle je suis là, c'est pour les fédérations et les athlètes. Je ne cherchais pas une autre job prestigieuse, j'en ai eu toute ma vie. Je ne cherchais pas un nouveau titre, je les ai tous. Je cherche à redonner à un endroit où il y a un fort potentiel.»

Et il croit fermement qu'il pourra pousser le COC bien plus loin quand il en prendra les rênes, après les Jeux de Vancouver.

«Je voulais le travail pour faire une différence. Au COC, il y a une très bonne équipe. Le potentiel est illimité. En faire le meilleur comité olympique au monde, c'est possible. Je veux un niveau nettement supérieur. Je veux de la visibilité dans les régions, je veux que les Canadiens admirent et respectent cette organisation.»

Surtout, il veut donner aux athlètes canadiens un soutien et des infrastructures dignes d'un pays du G8.

«On sera numéro un»

Il a du pain sur la planche et rien ne sera facile, mais ça semble le motiver, le stimuler. Il mentionne l'apport de son mentor, l'ancien premier ministre Jean Lesage. «Il m'a appris qu'il y avait un mot à bannir dans notre vie, c'est la retraite. Il y a tellement de plaisir à faire ce qu'on fait. Ce ne doit pas être une charge, ce ne doit pas être un sacrifice pour gagner une paie.»

Pour les quatre prochaines années, durée de son premier mandat à la tête du COC, M. Aubut partagera son temps entre l'olympisme canadien, son travail d'avocat chez Heenan Blaikie, sa famille et ses amis.

Pour l'instant, il n'y a pas d'athlètes dans la famille. «Mais il va y en avoir parmi mes quatre petits-enfants, tenez-vous bien! Et si je peux participer à leur donner un monde meilleur pour devenir olympien, ce sera tant mieux.»

En attendant, combien de médailles pour le Canada à Vancouver, M. Aubut? «Je ne sais pas combien ça fait, mais on sera numéro un», assure-t-il.

 

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