Des citoyens qui habitent près du futur Centre universitaire de santé McGill (CUSM) sont découragés du report par la Ville de travaux d'infrastructure autour de l'ancienne gare de triage Glen. Ils craignent que ces nouveaux délais ne retardent encore la réparation du réseau d'égout, très déficient dans ce quartier.

Mis à jour le 15 févr. 2010
Martin Croteau LA PRESSE

Depuis des années, des dizaines de maisons des rues Northcliffe, Marlowe, Vendôme et Grey voient leur sous-sol inondé lors de fortes averses. Le réseau d'égout n'a simplement pas la capacité d'absorber les pluies abondantes.

 

L'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce a mis en place un programme de surveillance des égouts, qui prévoit le nettoyage régulier des conduites pour en maximiser la performance. Mais cette solution n'est que temporaire: pour régler le problème une fois pour toutes, il faut poser un collecteur de 3,6 mètres de diamètre sous le boulevard Décarie afin d'améliorer le drainage des eaux de pluie.

Or, la Ville a suspendu la semaine dernière un appel d'offres pour des travaux de réfection de ce boulevard. La Presse a révélé mercredi que l'administration Tremblay a préféré suspendre le chantier de 15 millions, essentiel à la réalisation du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). La raison: elle craint que les plans de l'hôpital soient modifiés.

«C'est décourageant parce qu'on a l'impression qu'il y a de l'inaction», déplore Pauline Samson, résidante de la rue Grey.

Son sous-sol n'a été inondé qu'une fois, mais plusieurs de ses voisins ont eu beaucoup moins de chance. David Ownby, par exemple, habite la rue Marlowe depuis plus de sept ans. Et presque chaque année, son sous-sol a été inondé à cause des refoulements d'égout.

M. Ownby a pris la tête d'un comité de citoyens qui a dénoncé la situation à l'arrondissement, l'été dernier, ce qui a mené au plan de surveillance en place. Déçu de la décision de la Ville, il reprendra son bâton de pèlerin.

«Il faudra réactiver notre groupe», soupire M. Ownby.

Le gouvernement a récemment renvoyé à la planche à dessin les consortiums intéressés par la construction de l'hôpital en partenariat public-privé, leur donnant jusqu'au mois de mars pour proposer un projet moins cher. Or, la Ville doit aussi faire sa part dans ce projet: il faut rénover les rues ainsi que les réseaux d'eau et d'égout, notamment pour accueillir une circulation plus dense.

L'administration Tremblay craint d'engager des millions de dollars pour rien advenant une refonte des plans de l'hôpital.

«Le but n'est pas de pénaliser qui que ce soit, explique le responsable du dossier au comité exécutif, Richard Desjardins. Le but, c'est de s'arrimer et de travailler main dans la main avec le CUSM pour faire des travaux correctement une fois pour toutes, et en même temps régler le problème des citoyens.»

Pour l'heure, il ignore à quel moment le chantier sera réactivé, mais il doute que les retards soient très importants.

«Il n'y aura pas grand-chose de retardé dans les faits, indique M. Deschamps, à moins que ça retarde du côté gouvernemental.»

L'opposition, elle, presse l'administration Tremblay de relancer les travaux au plus vite. Le conseiller de Projet Montréal dans le district Notre-Dame-de-Grâce, Peter McQueen, affirme que c'est d'autant plus nécessaire que la piste cyclable qui longe le boulevard De Maisonneuve dans ce secteur n'est pas balisée par des poteaux verts, ce qui la rend plus dangereuse pour les usagers.

«Il faut faire ces travaux, a-t-il tranché. Aider l'hôpital est un but noble, mais il faut aussi régler le problème des égouts, qui est très pressant, et celui de la piste cyclable.»