Les deux parties s'entendent sur bien peu de chose, mais au moins sur celles-ci: l'impasse est totale; ce conflit est historique; les salaires ne sont pas au coeur du problème.

Louise Leduc LA PRESSE

Le nerf de la guerre, dit Isabelle Dessureault, porte-parole de Quebecor, «ce sont les mises à pied».

Dès le départ, l'employeur a évoqué la crise des médias et la nécessité de réduire le nombre d'employés de bureau. Ces dernières semaines s'est ajouté le spectre de mises à pied dans la salle de rédaction, le lock-out ayant lui-même mis en lumière, dit Isabelle Dessureault, le fait qu'on ait besoin de moins d'employés.

 

Est-il vrai, comme le soutient le syndicat, que Quebecor réclame de déchirer la convention collective et d'en faire une toute nouvelle? «On n'est plus dans le détail des demandes, répond Mme Dessureault. C'est une négociation historique. On doit revoir complètement le cadre de travail et la culture du Journal de Montréal, avoir une ouverture, voir l'appartenance à Quebecor comme une force et non comme une menace. (...) La grande partie de la convention collective a été rédigée dans les années 70 et 80. Il n'est pas à ce point surprenant que nous demandions qu'elle soit revue de façon importante.»

Par ailleurs, on entend de toutes parts que Quebecor multiplie les vendettas, que bon nombre de reportages sont orientés. Qu'en est-il? «On ne partage pas cette vision», répond Mme Dessureault.

Elle nie aussi les prétentions du syndicat voulant que le tirage soit gonflé artificiellement par du dumping d'exemplaires gratuits. Au cours de la dernière année, réplique Isabelle Dessureault, la distribution des exemplaires gratuits n'a été haussée que de 2%, soit «en deçà de ce que font les autres journaux au Canada».

Quant à savoir ce qui attend TVA, dont la convention est aussi échue, Mme Dessureault dit que les discussions sont en cours et qu'«il est trop tôt pour parler de ça».

Le syndicat avance que Quebecor fait bien des profits avec ce lock-out, ne serait-ce que par les 25 millions de salaires qu'il n'a pas eu à payer cette année. Qu'en est-il? À cela, Mme Dessureault a répondu que, en effet, les salaires n'avaient pas à être versés, mais qu'elle ne souhaitait pas entrer dans les détails. «Ce n'est pas une situation que nous souhaitons voir perdurer à long terme», a-t-elle conclu.

Quant aux «propos haineux dans les bulletins syndicaux» et aux gestes d'intimidation à l'égard des patrons, Mme Dessureault ajoute qu'«ils ne favorisent pas la reprise d'une saine discussion».