Le pont Champlain n'est pas à la veille d'être démoli, mais la Société des ponts fédéraux lancera sous peu un appel d'offres pour la réalisation d'une étude de faisabilité visant son éventuel remplacement.

Tristan Péloquin LA PRESSE

Inauguré en 1965, le pont Champlain - le plus achalandé au pays - fera l'objet au cours des 10 prochaines années de travaux de réfection totalisant 212 millions de dollars. Les travaux prévoient notamment le renforcement de ses poutres et le renouvellement des joints de son tablier. En janvier, La Presse révélait cependant qu'une «étude d'opportunité» a été menée pour déterminer s'il vaut mieux détruire la vieille structure, qui arrive à la fin de sa vie utile, pour construire un tout nouveau pont près de la Cité du cinéma, ou encore s'il est préférable d'ajouter deux voies à la structure vieillissante actuelle. Le ministre fédéral des Travaux publics, Christian Paradis, a confirmé hier à Montréal qu'un appel d'offres pour étudier ces deux possibilités sera lancé au cours des prochains jours. «Le contrat sera octroyé en juillet et l'étude prendra environ 12 mois pour être réalisée», a-t-il précisé.Le gouvernement fédéral financera 60% des coûts de l'étude de faisabilité, alors que le ministère des Transports du Québec (MTQ) payera les 40% restants. À la lumière de cette étude, le gouvernement pourra décider «dans un horizon de huit à 10 ans» s'il se lance dans la construction d'un nouveau pont, ou s'il préfère investir dans l'agrandissement du pont Champlain actuel, a précisé M. Paradis.

Du réchauffé

Le porte-parole du Bloc québécois en matière de transport et d'infrastructures, Mario Laframboise, a accueilli avec sarcasme l'annonce faite par le ministre Paradis hier. Le ministre a convoqué la presse pour «annoncer» un investissement de 212 millions pour la réfection du pont Champlain, mais cette mesure avait déjà été présentée dans le dernier budget Flaherty. «C'est du réchauffé», a lancé le député Laframboise.

Le Bloc déplore par ailleurs que le gouvernement et la Société des ponts fédéraux refusent toujours de rendre publiques des analyses techniques concernant la sécurité du pont Champlain. Le ministre Paradis a assuré et répété hier à maintes reprises que le pont Champlain reste sécuritaire pour les 60 millions de véhicules qui l'empruntent chaque année.