Le printemps vient à peine de commencer que les nids-de-poule laissent déjà leurs traces sur les véhicules qui circulent à Montréal et dans les environs. Les automobilistes affluent par dizaines chez les garagistes pour faire réparer des jantes, des pneus ou des suspensions endommagées par les trous.

Martin Croteau LA PRESSE

«On n'est pas encore débordés, mais ça commence à bouger plus», constate Carl Duchesne, copropriétaire du garage Gene Venne, à Longueuil.

Depuis quelques semaines, ce mécanicien a remarqué une hausse de 10% à 20% des clients qui éprouvent des problèmes avec le système de direction, les roulements à bille ou les roues de leur voiture. Il lui est impossible de diagnostiquer avec certitude la cause de chaque bris, mais il croit que l'état des routes y est pour beaucoup.

«Et ça empire un peu chaque année», affirme-t-il.

Au moment où La Presse l'a joint, hier matin, un client venait justement d'arriver pour faire réparer un ressort de suspension brisé.

Même son de cloche chez Merson Automotive, rue Saint-Jacques, à Montréal. Cet établissement, qui répare chaque semaine plus de 150 véhicules, connaît un regain de vie par les temps qui courent.

«Beaucoup de clients ont des problèmes avec les nids-de-poule, des roues voilées, indique le gérant Celso Louro. Il n'y a pas longtemps, un client est venu faire inspecter ses jantes en magnésium et trois d'entre elles étaient brisées. Ça lui a coûté plus de 1000$.»

Le garagiste estime que 60% des bris de suspension sont dus au mauvais état des routes. Mais il croit que les automobilistes connaîtront un répit dans les années à venir.

«Il y a un sous-investissement important sur nos routes, explique-t-il. Mais je crois qu'il y a de la lumière au bout du tunnel avec les investissements massifs annoncés dans les dernières années, notamment à l'échangeur Turcot.»

Depuis quelque temps, chez Touchette pneus et mécanique, deux ou trois automobilistes par jour viennent faire réparer les roues ou la direction de leur auto.

«Il y en a un peu plus que d'habitude», constate le directeur du service à la clientèle, Patrick Lussier, qui précise toutefois que les garages sont souvent occupés dans les semaines qui suivent la fonte des neiges. Il suggère aux automobilistes de modifier leur conduite s'ils veulent protéger leur voiture, et de cesser d'éviter les nids-de-poule à tout prix.

«C'est lorsqu'on tourne la roue que l'impact a lieu, dit-il. Et ça peut causer plus de dommage que si on absorbe l'impact de front.»

Pneus gonflés à l'azote

Tous les garagistes n'observent pas la même affluence.

«On n'a pas travaillé jusqu'à minuit hier parce que des gens tombaient dans un nid-de-poule, affirme Daniel Bélisle, propriétaire du Centre de mécanique et pneus Papineau. Des roues croches, des pneus endommagés, il n'y en a pas plus qu'à l'habitude.»

Le mécanicien suggère toutefois à ses clients de gonfler leurs pneus à l'azote, un gaz dont les propriétés restent les mêmes en dépit des fluctuations de la température. Les pneus restent bien gonflés, ce qui assure une meilleure protection lorsque la voiture franchit un trou.