Les immigrants choisissent de plus en plus de s'installer en banlieue et dans de plus petites communautés, mais éprouvent toujours de grandes difficultés à intégrer le marché du travail, révèle une étude menée pour le compte de la Fédération canadienne des municipalités.

Malorie Beauchemin LA PRESSE

Entre 2002 et 2006, la proportion des immigrants dans la grande région métropolitaine de Montréal qui se sont installés dans les limites de l'ancienne ville (avant les fusions) est passée de 79% à 67%. La même tendance à aller vers les banlieues s'observe à Toronto et à Vancouver, indique le rapport intitulé « L'immigration et la diversité dans les villes et les collectivités canadiennes «, rendu public hier.

 

« Les immigrants les plus instruits et qualifiés s'installent en nombre croissant dans les banlieues et les municipalités de plus petite taille, souligne Jean Perrault, président de la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et maire de Sherbrooke. Les grandes villes perdent les immigrants qualifiés dont a besoin leur économie locale tout en devant supporter une part disproportionnée des coûts des services assurés aux nouveaux arrivants. «

« Dans les centres de plus petite taille, la migration accroît la demande de logement abordable, de transport collectif et d'autres services municipaux «, ajoute-t-il. Or, selon lui, les banlieues n'ont pas toujours les ressources financières nécessaires pour y faire face.

De plus, le rapport, qui dresse le portrait des difficultés rencontrées par les immigrants dans 24 des plus grandes villes du pays, constate que l'intégration au marché du travail constitue encore la principale pierre d'achoppement des nouveaux arrivants au Canada.

Selon les données tirées du recensement 2006, le taux de chômage des immigrants récents possédant un diplôme universitaire est quatre fois plus élevé que celui des non-immigrants qui possèdent un tel diplôme, soutient le rapport.

« Il y a là une problématique de vulnérabilité évidente pour les nouveaux arrivants «, conclut Michel Frojmovic, auteur de l'étude.

Le critique en matière d'immigration du Parti libéral du Canada, Maurizio Bevilacqua, estime que ce rapport démontre que le gouvernement conservateur néglige les nouveaux arrivants et ne fait rien pour régler les problèmes de reconnaissance des compétences.

« Il est très troublant qu'un diplôme universitaire ne procure aucun avantage à un immigrant à la recherche d'un emploi, souligne M. Bevilacqua, par communiqué. Ce rapport montre que le gouvernement conservateur ne tient pas compte des difficultés particulières auxquelles les nouveaux Canadiens sont confrontés pour réussir sur le marché du travail canadien. Cette tendance ne pourra que s'intensifier à mesure que la récession s'aggravera. «

La FCM réclame que les municipalités participent à l'élaboration des politiques d'immigration puisqu'elles sont touchées au premier plan et n'ont pas voix au chapitre actuellement. M. Perrault demande aussi une participation financière plus grande du fédéral pour aider les municipalités à subvenir aux besoins des immigrants.

La porte-parole du NPD en matière d'immigration, Olivia Chow, a appuyé la demande de la FCM d'instaurer un partenariat entre les différents ordres de gouvernement pour assurer une meilleure prestation de services pour les nouveaux arrivants.