Abandonné depuis deux ans, le chantier de l'îlot Voyageur va reprendre partiellement vie. Une entente est intervenue hier entre la firme Busac, propriétaire de l'îlot Voyageur, et la Station centrale d'autobus pour permettre l'utilisation du nouveau terminus dès la fin mai.

Marie Allard LA PRESSE

«L'UQAM prend acte de cette entente-là comme partie prenante», a indiqué à La Presse Gilles Corriveau, porte-parole de la Station centrale. Pas question de faire marcher les passagers dans le chantier: seuls les autobus iront se stationner dans la nouvelle gare, ce qui libérera l'espace à découvert qu'ils occupent actuellement à côté de la Grande Bibliothèque.

 

Les chauffeurs pourront utiliser les locaux prévus pour eux au deuxième étage du nouveau bâtiment. Quant au service de messagerie Expédibus, il quittera la rue Berri pour s'installer «dans la portion de l'immeuble qui est sur Ontario», a précisé M. Corriveau.

«Ça veut dire que la circulation dangereuse qui était en place depuis plus de deux ans sera terminée, puisque les autobus vont maintenant circuler à l'intérieur du stationnement couvert et gagner le terminus actuel par une porte qui est déjà aménagée», a-t-il ajouté. Seuls des travaux secondaires, essentiellement de terrassement, sont nécessaires.

Autres pourparlers pour rembourser 250 000$

La Station centrale s'est engagée à remettre les 60 000$ de loyer retenus depuis trois mois en guise de protestation. Quant au dédommagement demandé par la Station pour ses frais juridiques, qui s'élèveraient à 250 000$, «ça va faire partie d'autres pourparlers qui seront entamés prochainement», a indiqué M. Corriveau.

Busac n'a pas rappelé La Presse hier. En décembre, la firme avait dénoncé le fait «qu'aucune réelle négociation» entre l'UQAM, le gouvernement du Québec et elle-même n'avait encore eu lieu. «C'est un dossier qui n'avait pas bougé depuis des mois», a confirmé M. Corriveau.

Plongée dans un gouffre financier de plusieurs centaines de millions de dollars à la suite du dérapage du projet de l'îlot Voyageur, l'UQAM a refusé de commenter, en raison d'une entente de confidentialité signée avec Busac.

Québec «recherche des solutions»

Au ministère des Finances, qui négocie avec Busac pour sortir l'UQAM de l'impasse, on indiquait hier que les pourparlers se poursuivent. «On n'est pas au stade d'annoncer quoi que ce soit, a dit Catherine Poulin, attachée de presse de la ministre Monique Jérôme-Forget. Le gouvernement est toujours à la recherche de solutions. C'est un dossier que la ministre juge très important.»

Des médias ont affirmé récemment que l'UQAM a dû payer 32 millions en frais d'entretien hivernal du chantier, ce que l'Université a démenti. «Monique Goyette (vice-rectrice aux Affaires administratives et financières de l'UQAM) m'a dit que ce n'était absolument pas les chiffres de l'Université», a indiqué hier Francine Jacques, porte-parole de l'UQAM.

Triste rappel: les travaux de l'îlot Voyageur devaient être terminés le 28 février 2008, ce qui est loin d'être le cas. L'entente conclue hier «est transitoire, et il ne faut vraiment pas l'oublier, a souligné M. Corriveau. Ce n'est pas une fin, beaucoup de travail reste à faire.»