Le tout nouvel échangeur à Dorval rendra plus facile la circulation des automobiles et autobus vers l'aéroport. Même les cyclistes et les piétons y trouveront leur compte. Mais pour les passagers de train? La navette ferroviaire entre le centre-ville et l'aéroport reste toujours à l'état de projet.

Mis à jour le 17 févr. 2009
Judith Lachapelle LA PRESSE

L'impatience se sentait hier dans les voix du vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, André Lavallée, et du président d'Aéroport de Montréal (ADM), James C. Cherry. Même si l'annonce du réaménagement de l'échangeur Dorval réjouit tous les acteurs publics et parapublics qui y sont impliqués, l'absence de navette ferroviaire fait languir ses plus ardents promoteurs.

 

M. Lavallée a d'ailleurs qualifié les travaux de l'échangeur de «première phase» d'un chantier qui devra inclure un lien ferroviaire direct entre le centre-ville de Montréal et son aéroport. «Personnellement, je trouve très inspirant de voir qu'ADM a inclus une future gare dans ses développements», a lancé M. Lavallée en conférence de presse. Le nouvel immeuble aéroportuaire, lieu de passage obligé des voyageurs en partance vers les États-Unis, a prévu un espace pour la gare de la future navette ferroviaire.

Mais la locomotive n'est pas encore sur les rails. Au moins, dit M. Lavallée, les représentants des portefeuilles publics et parapublics sont tous réunis autour de la même table depuis plus d'un an pour en arriver à une entente. Les résultats d'une étude - qui doit notamment estimer les coûts du projet et son tracé final - sont attendus au début de l'été. Pourrait-il y avoir une annonce officielle avant la fin 2009? Personne n'ose trop s'avancer. «La navette doit se faire», dit M. Lavallée. «L'annonce devrait avoir lieu», ajoute M. Cherry.

C'est que l'implantation d'une navette risque de coûter cher - près de 700 millions selon certaines estimations. Ce qui est beaucoup plus que les 224 millions du projet de réaménagement annoncé hier. Construit en 1960, l'échangeur ne suffit plus pour absorber le flot de voyageurs qui transitent dans le secteur. Le projet avait été d'abord été évalué à 150 millions de dollars, mais son budget a été revu à la hausse après modifications.

Les travaux doivent commencer à l'été, avec la construction de nouveaux viaducs au-dessus de l'autoroute 20 et de la voie ferrée.

D'autres appels d'offres seront lancés au printemps et le réaménagement devrait être achevé en 2013.

Le ministère du Transport du Québec a versé 89 millions de dollars, le gouvernement canadien a ajouté 55 millions (plus 20 millions pour les transports en commun), la Ville de Montréal a allongé 40 millions et ADM, 20 millions.

La circulation locale sera améliorée grâce au prolongement de l'avenue Dorval sous l'autoroute 20, en plus de l'aménagement de trottoirs et pistes cyclables. Les nouveaux liens entre les autoroutes et l'aéroport permettront une circulation plus fluide. Il sera possible de passer directement de l'aéroport à l'autoroute sans s'empêtrer dans un rond-point. «Les passagers arriveront plus détendus à l'aéroport, a noté M. Cherry. Et ça, c'est bien.»

LE NOUVEL ÉCHANGEUR DORVAL EN BREF

1- Liaisons entre l'autoroute 520 (Côte-de-Liesse), l'autoroute 20 (Jean-Lesage) et l'aéroport.

2- Prolongement de l'avenue Dorval vers le nord jusqu'à l'avenue Michel-Jasmin.

3- Construction d'un nouveau terminus Dorval de la STM.

4- Aménagement de trottoirs et pistes cyclables pour accéder au terminus de bus, à la gare de train de banlieue Dorval et à l'aéroport.