Les Montréalais sont de plus en plus nombreux à se réveiller au petit matin le corps couvert de piqûres. Même en hiver, quand les maringouins ne rôdent pas. À qui la faute, alors? Aux punaises de lit, un fléau en pleine croissance dans l'île.

Mis à jour le 31 janv. 2009
Violaine Ballivy LA PRESSE

«Le problème est en train de prendre de plus en plus d'ampleur», confirme Normand King, de la Direction de la santé publique de Montréal. La DSP ne tient aucune statistique, car il ne s'agit pas d'une maladie à déclaration obligatoire, mais certains signes ne trompent pas: «Nous avons de plus en plus de dossiers à traiter et les exterminateurs ont remarqué une augmentation exponentielle des demandes», dit le Dr King.

 

Le nombre de personnes exposées est si important que la DSP considère désormais les punaises de lit comme un «problème de santé publique». Les inconvénients, relève aussi le Dr King, ne sont pas négligeables, même si ces parasites ne sont porteurs d'aucune maladie infectieuse. À force de gratter leurs piqûres, les personnes touchées risquent de se créer des plaies susceptibles de s'infecter. Souvent, les démangeaisons sont si intenses que des personnes en perdent le sommeil.

Mais l'un des dangers les plus importants associés au fléau, c'est encore l'homme lui-même. «Des gens achètent des insecticides susceptibles de provoquer des problèmes de santé, d'irritation de la peau et des voies respiratoires, et les appliquent directement sur les matelas de leurs enfants pour tenter de s'en débarrasser. C'est une grosse erreur», dit le Dr King.

Personne n'est épargné

La progression du fléau ne veut pas dire qu'il y a plus de taudis ou que les logements sont moins bien entretenus qu'auparavant. Cela résulterait plutôt du fait que les Montréalais voyagent de plus en plus et qu'ils rapportent souvent dans leurs bagages de petits intrus qui prendront ensuite racine dans leur domicile, puis chez un voisin, et un autre... Autre explication: des pesticides très efficaces contre ces insectes ont été bannis ces dernières années parce qu'ils présentaient des risques pour la santé.

La Ville de Montréal considère que le fardeau de lutter contre la propagation de l'épidémie repose en majeure partie sur les épaules des citoyens. Elle a donc a lancé, hier, une campagne de sensibilisation et distribuera 50 000 exemplaires du dépliant Épinglons la punaise, qui explique les mesures à prendre pour prévenir, détecter et exterminer ces minuscules insectes. Pour lire le dépliant: www.ville.montreal.qc.ca/habitation