Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et le ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Raymond Bachand, ont annoncé hier la prolongation des heures d'ouverture des commerces du centre-ville de Montréal jusqu'à 20h les fins de semaine dans le but de soutenir le développement économique du coeur de la métropole.

Éric Clément LA PRESSE

La mesure s'appliquera en tant que projet pilote dans le quadrilatère bordé par l'avenue Atwater à l'ouest, la rue Saint-Urbain à l'est, la rue Sherbrooke Ouest au nord et la rue Saint-Antoine au sud.

L'idée émane de l'organisme Destination centre-ville, qui représente des commerçants. Le maire Tremblay en avait fait la demande officielle à Québec au printemps. Gérald Tremblay a dit, hier, qu'il s'agit «d'appuyer la vitalité économique de ce secteur» qui comprend 3000 commerces et que ce n'est pas une réaction à la concurrence de plus en plus vive des centres commerciaux des villes de banlieue.

C'est Gérald Tremblay, alors ministre de l'Industrie et du Commerce du gouvernement de Robert Bourassa, qui avait fait voter, en 1992 et dans la controverse, la loi 59 qui autorisait l'ouverture des commerces le dimanche. Hier, il a dit qu'il s'agissait de nos jours de répondre aux «travailleurs dont les horaires sont de plus en plus variés».

Actuellement, les commerces peuvent ouvrir de 10h à 17h le samedi et de 11h à 17h le dimanche. À partir de la fin de semaine prochaine et jusqu'au 24 mai 2010, les commerçants pourront fermer leurs magasins à 20h. La période de tarification des parcomètres ne sera toutefois pas prolongée.

Dans un secteur de la ville où, l'été, 50% des clients des magasins sont des touristes, selon Pierre Bellerose, vice-président de Tourisme Montréal, il était important, croit le ministre Bachand, de capter cette manne autant que possible, d'autant que cinq millions de touristes fréquentent le centre-ville chaque année.

M. Bachand a dit qu'au moment où l'économie internationale se fragilise, le centre-ville doit pleinement «jouer son rôle de moteur de l'activité commerciale du Québec».

«Les clients se heurtent souvent à des portes formées le samedi à 17h, a ajouté André Poulin, directeur général de Destination centre-ville. Avec cette mesure, le centre-ville pourra mieux desservir sa clientèle.»

Les commerçants d'autres quartiers vont-ils pâtir de l'initiative? Le maire dit qu'aucune autre demande n'a été faite ailleurs et qu'il sera possible d'étendre l'expérience après analyse en 2010.

Le directeur général de la Société de développement du Quartier latin, Claude Rainville, a dit à La Presse que son organisme pourrait être éventuellement intéressé en 2010, ajoutant toutefois que les commerces susceptibles d'être concernés sont moins nombreux rue Saint-Denis que dans le centre-ville.

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